Quand la brèche brise celui qui l’a laissé rentrer…
- 30/12/2025
Réunion de famille imposée ou convocation au tribunal ?
« Allo Meïr ? Vous êtes à la maison ? Ok on va passer vous voir. Quand ? eh bien on est déjà en bas, on monte dans un instant ! »
Meir n’a même pas eu le temps de réagir que déjà sa mère a raccroché. Il trouve à peine le temps de l’annoncer à sa femme Yaël qu’on sonne à la porte.
« Papy, mamie ! » crient les enfants les mains pleines de chocolat. « Maman ne vous a pas appris à vous laver les mains après le repas ! » grimace la mère de Méir.
Et voilà, c’est parti ! Les remarques fusent parce que « la maison est retournée » (évidemment, Meir et yael ne prévoyaient pas de visites ce dimanche), que la vaisselle du midi n’a toujours pas été faite « ma mère m’a toujours appris qu’on ne laisse pas traîner une tâche ménagère » déclare la mère de Méir, et que tout plein de choses ne fonctionnent pas comme « chez eux ».
Yaël voit se figer 3h de son après-midi où ils avaient prévu de s’aérer. Mais là n’est pas le problème. Accueillir ses beaux-parents et permettre à son mari de les honorer est tout à fait normal. Seulement, chaque minute qui passe, est dirigée sur leur manquement dans l’organisation, l’éducation et même leur travail ! On croirait se trouver dans un tribunal plutôt que dans une réunion de famille.
Méir, de son côté, est tiraillé entre le respect qu’il doit à ses parents et sa femme qu’il voit être attaquée par les paroles « bien intentionnées » de ses parents, il ne sait pas comment réagir. Il se réfugie dans le silence.
« Mais Yaël, ton fils veut encore du gâteau, ne sois pas si rigide ! Même s’il ne mange pas ce soir, ce n’est pas la fin du monde ! Tiens mon chéri, mamie t’aime, mange ! » dit la mère de Méïr en s’empressant de donner une deuxième grosse part de gâteau à son petit-fils.
A ce moment-là, le regard de Yaël se dirige vers Méir. « C’est sûr qu’il va réagir ! il ne peut pas permettre que sa mère fasse exactement le contraire de ce que j’ai dit à notre enfant ! ». Méïr baisse les yeux. Il se sent tellement mal…
Enfin, l’heure du départ des grands-parents arrive, la porte se ferme derrière eux.
La maison reste durant quelques minutes plongée dans un silence mêlant la douleur et l’incompréhension. Une brèche a été créée. Elle virevolte dans l’air comme le pompon du manège qui, une fois attrapé, donne droit à recommencer, ressasser cette désagréable entrevue encore et encore.
Méir et Yaël sentent cette tension peser entre eux. Cette brèche qui a été créée par les critiques continuelles des beaux parents et le silence de Méir.
Beaucoup de couples font malheureusement face à ce genre d’entrevue avec les beaux-parents. Petit à petit, leur couple peut en souffrir car l’un des deux se sent forcer de baisser la tête face à ses propres parents tandis que l’autre doit assumer que son conjoint ne le soutienne pas face à eux.
Mais comment réagir dans une telle situation pour préserver la paix à l’intérieur de son couple ?
Laissez la brèche derrière votre porte !
Il est important ici de comprendre que la brèche créée par ce type d’entrevue ne brisera que le couple qui la laisse entrer dans leur cœur. Le couple doit être uni et agir ensemble lorsqu’un évènement extérieur essaye de le déstabiliser.
La première chose à faire est donc de laisser toute cette douleur et cette oppression derrière la porte de notre maison. Cela doit être un choix commun et solidaire venant de chacun afin de comprendre que la blessure vient de l’extérieur et de refuser qu’elle pénètre dans notre couple en s’accusant mutuellement. L’attaque était extérieure (les beaux- parents) et ponctuel. Elle n’a jamais commencé à l’intérieur même de notre relation de couple.
Alors comment comprendre le silence de Méir qui aurait pu être perçu par Yaël comme un manquement à l’intérieur même de leur couple ?
Dans ce type de situation, chaque conjoint doit essayer de dépasser sa propre douleur et de se demander ce que sa moitié a ressenti à ce moment-là. En s’efforçant de ressentir profondément l’embarras dans lequel Meir se trouvait, en se mettant à sa place (« s’il s’était agi de mes propres parents, aurais-je osé réagir ? n’aurais-je pas eu peur de les blesser ? n’aurais-je pas compté sur le soutien télépathique de mon propre époux dans une situation où je me serai trouvée entre le marteau et l’enclume ?), Yaël pourrait repensé sa douleur :« Non, le silence de Méir ne signifiait pas que je valais moins que ses parents ; il ne savait simplement pas comment intervenir et j’aurais pu moi-même rester sans voix si cela avait été mes parents ».
Subir, non ! Réagir ensemble avec diplomatie, oui !
Cela veut-il dire qu’une fois la porte fermée, le couple doit reprendre son train-train quotidien comme si rien ne s’était passé et accepter de subir indéfiniment le même style de situation ?
Comprendre et juger favorablement son conjoint ne signifie pas qu’on doit se soumettre à la situation.
La porte se ferme. Yaël respire un grand coup. Elle regarde Méir et lui dit « c’était dur cette situation » (la situation reste extérieure, elle n’emploie pas le « tu »). « Je suis désolé, je ne peux pas supporter lorsqu’ils se comportent ainsi envers toi » répond Méir.
« Je ne veux pas chéri que cet évènement nous éloigne, mais j’aimerais, à l’avenir, entendre ton soutien, nous devons être unis face à ce genre de situation et je suis sûre qu’en faisant bloc avec diplomatie et respect, tes parents retrouveront leur place » déclara Yaël.
Meir acquiesce « Je t’aime n’en doute pas ».
Les jours passent, Méir et Yaël vont visiter les parents de Meir. A table, sa mère ressert une deuxième fois de la glace à leur fils « Même si maman ne va pas être d’accord » dit-elle tout haut. Mais contre toute attente, Méir rend l’assiette à sa mère en clamant « papa n’est pas non plus d’accord qu’il en reçoive une seconde part ». Sa mère a, alors, un hoquet de surprise. Mais, venant de son fils, elle ne peut que capituler.Yaël se sent soutenue , les remarques de sa belle-mère deviennent davantage extérieures à elles. La brèche ne rentrera plus dans leur couple même si l’attitude de ses beaux-parents persiste.
Toi aussi, chère lectrice, tu as pu faire face à une situation similaire dans ta famille ou dans ta belle famille. Peut-être t’es-tu laissé convaincre que le silence de ton conjoint était rabaissant. Peut être t’es-tu laissé emporter par ta douleur et as-tu oublié celle de ta moitié. Si cela a été le cas, à l’avenir, réfléchis un instant : est-ce que je veux que la brèche nous sépare ? ou est ce que je souhaite rester soudée avec mon mari ? Choisis de lui parler au calme et de lui demander clairement son soutien dans le futur. Mais comprends aussi combien il est difficile de s’opposer à ceux qui nous ont tout donné.
Pas à pas, cimente ton couple en ayant confiance en l’autre et en ne laissant jamais la brèche extérieure vous séparer.
Yéhoudit Lahmi
Madrikhat Kala
N.B : Et vous les belle-mamans, prenez exemple !
A ma chère belle-maman Hava Eva bat rahel livia si merveilleuse et si respectueuse qui aimait chacune de ses belles filles comme ses propres filles. Jamais, elle n’a créé de brèche dans les couples de ses enfants. Au contraire, elle valorisait ses gendres et ses brus, et reprenait ses propres enfants pour qu’ils chérissent leurs femmes et époux. Que son exemple soit pour nous lumière de vie et d’épanouissement !

