Un enfant, une invitation à construire notre couple !
- 25/01/2026
« L’enfant contrainte »
« Mme Levy, Eh bien encore un nouveau ! » s’exclama la pharmacienne en apercevant le nouveau bébé de Léa.
Elle n’eut pas le temps de réagir que la pharmacienne enchaîna : « Sans indiscrétion, vous en voulez encore ? J’ai des amis qui ont eu 4 enfants et lorsqu’ils ont grandi et qu’ils ont commencé à payer les écoles supérieures, ils ont réalisé qu’ils auraient peut-être dû réfléchir avant de se lancer dans une grande famille !».
Léa regarda la pharmacienne, consternée. A quoi ses amis s’attendaient-ils en ayant une grande famille ?
Des couches, des biberons, des réveils nocturnes, des abonnements à la pharmacie et chez le pédiatre, des devoirs, des dimanches à faire les courses, des crises d’ados à gérer, des écoles et des mariages à financer… Si on établissait une liste de tous les paramètres à prendre en compte lorsqu’on devient parent, on serait vite effrayé !
Malheureusement, dans une société où le confort, où la carrière et le développement personnel sont mis en avant, de plus en plus d’individus font le choix d’avoir peu ou pas d’enfants. L’enfant est vu comme une « contrainte » et le choix d’en avoir est un choix de consommation : est ce qu’avoir un enfant engendre au moins autant de points positifs que de points négatifs ? Vais-je pouvoir continuer ma carrière et m’épanouir personnellement ? Vais-je pouvoir vivre dans l’aisance malgré les importantes dépenses qu’un enfant demande ?
« L’enfant booster »
La torah connaissant la nature auto centriste de l’homme a donné pour toute première mitsva, la mitsva d’avoir des enfants ! De là, la torah nous amène un important enseignement : après le mariage, c’est en mettant des enfants au monde que l’homme arrive à son développement personnel optimal. Parce que bien au-delà des contraintes matérielles qu’un enfant peut engendrer, élever un enfant exige de chaque parent et de chaque couple, un travail profond, une transformation mutuelle.
Mayane s’écroule sur le canapé à côté de son mari Ilan. Elle pleure à chaudes larmes. Leur fils de 16 ans ne s’est pas présenté à l’école aujourd’hui, ce qui devient malheureusement habituel en ce moment. Seulement, aujourd’hui, le directeur a averti les parents que la prochaine fois que leur enfant sécherait les cours, il serait renvoyé définitivement. « Qu’est-ce qu’on doit faire ? Le menacer ? lui hurler dessus ? Je suis dépassée Ilan. » Ilan reste un moment silencieux puis propose « après avoir retrouvé notre calme, Il faut qu’on lui parle, qu’on essaye de comprendre pourquoi il ne va plus en cours ».
Une porte semble s’être ouverte dans l’esprit de Mayane « tu as raison. Il faudrait comprendre déjà pourquoi il agit ainsi. Peut-être aussi que nous devrions passer plus de temps avec lui pour qu’il sente qu’il est apprécié à la maison. » La discussion continue. Les idées de Mayane et d’Ilan se développent, s’affinent. Chacun note des choses qu’il devrait améliorer dans leur relation avec leur enfant. La situation est, certes difficile, mais en s’épaulant, en discutant, un nouvel espoir est né dans leur cœur de parents et une nouvelle brique s’est cimentée dans leur construction de couple.
Pour nous, peuple juif, avoir un enfant n’est pas une contrainte mais un tremplin, une invitation à devenir plus fort, plus fin, plus grand. C’est une chance que reçoit chaque couple de pouvoir unir leurs esprits et leurs forces pour aider une nechama à grandir.
A chaque enfant un nouveau défi pour le couple. A chaque enfant donc une nouvelle possibilité de s’élever en tant que couple.
A cela une condition : se soutenir dans l’éducation de notre enfant.
L’opportunité de construction pour un couple qu’offre un enfant se réalise seulement lorsque les parents se tiennent la main. Si, au contraire, l’éducation est un moyen d’accuser l’autre, de mettre en avant ses manquements, le couple s’autodétruit
« La mora m’a appelé aujourd’hui, commence Myriam. Elle s’est plainte du manque de sérieux dans ses révisions d’Avi. Pourtant, tu es sensé le suivre en houmach ?! » Arieh ne répond pas, il a bien compris que le but de Myriam n’est pas de trouver une solution mais un coupable.
Rencontrer des difficultés avec un enfant ne signifie pas qu’il faut trouver qui est le coupable. c’est une démarche qui permet simplement de se dédouaner du comportement de notre enfant. Or, notre but dans l’éducation n’est pas de nous innocenter du mauvais comportement d’un enfant, mais de réfléchir conjointement afin de trouver les causes et de les solutionner.
Par conséquent, chère lectrice, réalise bien qu’un couple doit comprendre qu’élever un enfant :
– demande du partenariat.
– Demande de la réflexion commune
– Demande de la communication.
– Ne doit pas nous conduire à ce se dédouaner en accusant l’autre.
– Ne demande pas un sacrifice dans son développement personnel.
C’est simplement une invitation à construire ton couple !
Yehoudit Lahmi
Madrikhat Kala
