Moins d’ordres, plus de coopération : changer notre façon de guider nos enfants
- 25/01/2026
Ce soir, dans la cuisine, Beila essaie de verser son verre de lait toute seule.
Sauf que ça déborde et le sol se retrouve trempé. Ses yeux s’écarquillent, ses mains tremblent,
et sa petite voix murmure : « Oh non… ». Elle pleure. Doucement, puis de plus en plus fort.
Esther, sa maman, vient de passer une journée épuisante. Le travail, les courses, le repas, le
linge… tout s’est enchaîné sans pause. Elle sent la tension monter…
Elle inspire profondément et tente de garder son calme.
Mais les ordres surgissent malgré elle :
« Arrête de pleurer ! »
« Fais attention ! »
« Nettoie vite avant que ça coule partout ! »
Ce qui se joue dans le cerveau de Beila quand on lui donne des ordres
– Stress immédiat : l’enfant se sent pressé ou contrôlé, et peut ressentir peur, colère ou
frustration. Son corps se fige.
– Diminution de la réflexion : sous pression, il lui est plus difficile de penser clairement ou
de trouver des solutions.
– Besoin de liberté : chaque ordre est ressenti comme un manque de contrôle, ce qui peut
provoquer des pleurs ou de la résistance.
– Apprentissage émotionnel : les ordres répétés renforcent l’association “faire quelque
chose de mal = colère du parent ”, ce qui augmente l’anxiété et la peur de l’échec.
Accueillir les émotions et la frustration
Plutôt que de réagir uniquement aux comportements, il est très puissant d’accueillir ce que
l’enfant ressent. Et cela ne signifie pas laisser tout passer !
« Je vois que tu es triste que le lait ait débordé. » « Tu es en colère de devoir arrêter de jouer
pour aller à la douche ? Je comprends… »
Quand tu nommes ses émotions, il se sent compris, ça réduit la tension et favorise sa
coopération.
Et si on faisait autrement ?
Au lieu de menacer ou de donner des ordres, on peut adopter une approche différente : plus
douce, plus claire et plus motivante.
-Encourager la coopération plutôt que contraindre par la menace :
« Tu peux m’aider à mettre les crayons dans la boîte ? J’ai besoin d’y voir plus clair. »
« Qu’est-ce que tu veux ranger en premier ? »
– Donner des choix limités pour nourrir leur besoin de pouvoir faire seul.
« Tu veux mettre ton pantalon rouge ou bleu ? »
« Tu commences par les Lego ou les outils ? »
-Transformer en jeu
« Je lance MR Chrono, on va voir si tu réussis à ranger avant qu’il sonne »
« Tu essaies de lancer les blocs dans la boîte ? »
-Renforcer positivement les efforts plutôt que de punir :
« Super, merci beaucoup, quel plaisir de voir ta chambre rangée »
– Rituels et routines clairs
Créer des repères pour sécuriser l’enfant et réduire les résistances.
Exemple : bain → pyjama → histoire → câlin → lumière tamisée.
– Supports visuels
Montrer plutôt que dire pour que l’enfant comprenne ce qu’on attend.
Exemple : tableau en images/pictogrammes pour les étapes du coucher ou du repas.
-Pause consciente pour le parent
Réguler ses propres émotions avant d’intervenir.
Exemple : respiration profonde, compter jusqu’à 10, ou s’éloigner quelques secondes si la
colère monte.
Avec ces outils, Esther peut retrouver patience et calme, Beila peut apprendre et exprimer ses
émotions sans crainte, et petit à petit, le quotidien redevient plus doux et agréable pour
toutes les deux.
Ilana Levy
Madrehat Kala
Animatrice d’ateliers dédiés à la parentalité.
06.58.90.87.01
