Pareil mais tellement, tellement différent...
- 13/03/2026
La Matsa consommée lors de la fête de Pessah était le pain que nos ancêtres en Egypte consommaient durant la longue période de leur esclavage. Ces pains azymes confectionnés et cuits rapidement convenaient bien, selon les oppresseurs, aux Hébreux dont le temps était consacré aux corvées et afflictions… Les Egyptiens, quant à eux, avaient la possibilité, la liberté de consacrer le temps nécessaire à la levée de la pâte, son façonnage et sa cuisson plus lente.
Et c’est lorsque le temps de la délivrance sonna, que la possibilité de pétrir et cuire les pains jouflus dont ils étaient privés arriva également ! Ces pains levés représentaient pour les Bné Israël la liberté et le temps retrouvés.
Pourtant, c’est בחיפזון, très rapidement, que le peuple juif fut libéré. Il fallait faire vite, préparer à la hâte les denrées du chemin. Voilà que la Matsa, si triste et peu goûteuse de l’esclavage devint le symbole de la délivrance, d’une délivrance rapide de surcroît ! *Le même objet prit alors un goût extrêmement différent !!*
Rav Moché Shapira souligne également que le ונהפוך הוא, le retournement de l’histoire de Pourim, ressemble aux deux faces d’une même médaille : les mêmes personnages se retrouvent dans une complète autre posture en fin de Meguila. Vachti si méchante est tuée, Haman si cruel et plein de contenance est pendu, Mordehaï se retrouve haut placé, etc. Les mêmes éléments mais une place tellement différente…
Dans nos vies également, de façon généralement plus discrète, des « objets » (personnes, situations, objets,…) chargés difficilement émotionnellement deviennent tout doucement plus agréables. Hakadoch Barouh Hou dans Son Hessed immense nous permet d’observer ces mêmes éléments avec un regard réellement différent. Une personne avec qui nous avons du mal nous apparaît au fil des mois plus agréable, plus douce. Une situation au travail difficilement vécue qui devient anodine. Une difficulté émotionnelle sur un certain sujet qui laisse place à des pensées plus fraîches. C’est souvent dans ces regards si différents sur un même élément que se cachent les plus belles délivrances dont Hachem nous gratifie.
Ces délivrances merveilleuses ont lieu de façon toute à fait intérieure. Seules nous pouvons percevoir et ressentir ces modifications émotionnelles. Un même objet, une même personne, une même situation mais un goût tellement, tellement différent….
Sachons remarquer ces retournements intérieurs et remercier Hachem pour ces délivrances.
Article inspiré par le livre sur Pessah de Rav Jessurun
