Histoire à suivre ... chapitre 5

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כָּל הָעוֹלָם כֻּלּוֹ גֶּשֶׁר צַר מְאֹד, וְהָעִקָּר לֹא לְפַחֵד כְּלָל

Kol ha’olam koulo gesher tsar meod, vehaïkar lo lefached klal.

« Le monde entier est un pont très étroit, et l’essentiel est de ne pas avoir peur du tout. »

Quand je m’allongeai dans mon lit ce soir-là, je pensai à cette musique entraînante, si pleine d’espoir.

Un soir, à peu près un an après la disparition de Papa, alors que nous étions tous à table, Moshé demanda à Maman de lui mettre cette musique sur la baffle de la maison, car sa maîtresse la leur avait fait écouter en classe.

Maman nous traduisit et nous expliqua les paroles juste avant, comme elle en avait l’habitude, puis elle lança la musique.

Ishay attendait le moment où les paroles entraînantes de « vehaïkar lo lefached klal » commenceraient pour se mettre à danser.

Il entraîna Maman dans sa danse, qui ressemblait plus à des sauts, et Maman nous entraîna tous avec elle, même Léa qui était encore en train de manger sa soupe.

J’avais regardé Maman pendant ces instants-là et j’avais vu quelques larmes couler sur ses joues, mais elles ressemblaient davantage à des larmes de joie qu’à des larmes de tristesse.

J’avais senti une boule d’émotion dans la gorge, mais je ne l’avais laissée sortir qu’une fois seule dans ma chambre.

Avant, je ne connaissais que les larmes de tristesse.

Maintenant, il m’arrivait souvent de pleurer de joie et d’émotion en voyant tout ce que nous avions traversé et combien nous avions grandi depuis que Papa nous avait quittés.

Pendant les quelques mois qui ont suivi l’absence de Papa, je pense n’avoir pas connu une once de joie.

Outre l’immense tristesse qui prenait toute la place en moi, j’avais aussi connu de grands moments d’angoisse, tant j’étais préoccupée par l’avenir de Maman, par sa tristesse, et par l’inquiétude que j’éprouvais pour mes petits frères et sœurs, dont je me sentais responsable.

Aujourd’hui, nous avions fait du chemin.

Nous savions profiter de la vie, si précieuse, malgré cette grande perte que nous avions vécue.

Je m’enfonçai dans mon lit et regardai la tenue que j’avais préparée sur ma chaise pour le lendemain, jour de ma deuxième rencontre avec Aharon.

J’avais choisi une tenue estivale claire et mes petites sandales à talons préférées.

Je repensai à Aharon et tombai rapidement dans les bras de Morphée.

Le lendemain, en me réveillant, ma première pensée fut : « Mon Chiddouh !!! »

Puis je me calmai. J’avais rendez-vous seulement à 11 h, j’avais tout mon temps pour me préparer, en ce beau dimanche ensoleillé.