Mois de Av : apprendre à réparer les liens
- 14/07/2026
Dans une famille, on s’aime très fort… mais on peut aussi beaucoup se disputer.
Un enfant qui prend le jouet de l’autre.
Une sœur qui crie : « Je le déteste ! »
Un frère qui pousse.
Et parfois, nous aussi, comme parents, on perd patience et on dit une phrase qu’on regrette.
Le mois de Av nous parle de destruction, mais aussi de reconstruction.
C’est peut-être l’occasion d’apprendre à nos enfants quelque chose de très important :
Après un conflit, on peut revenir vers l’autre et réparer.
Une famille sans disputes, ça n’existe pas
On aimerait que nos enfants partagent, jouent ensemble et se parlent gentiment.
Mais dans la vraie vie, on entend souvent :
« C’est à moi ! »
« Elle a eu plus que moi ! »
« C’est toujours lui que tu défends ! »
Et nous, fatiguées, on répond parfois :
« Ça suffit maintenant ! »
« Qui a commencé ? »
« Dis pardon ! »
Mais dire pardon ne règle pas toujours tout.
Le but n’est pas que nos enfants ne se disputent jamais. Le but, c’est qu’ils apprennent à ne pas briser la relation quand ils sont en colère.
Quand ils disent : « Je ne t’aime plus »
C’est une phrase qui peut faire très mal.
Notre enfant est en colère et nous lance :
« Je ne t’aime plus, maman ! »
« Je ne l’aime plus ! »
« Je ne veux plus être ton frère ! »
Sur le moment, on peut avoir envie de répondre :
« Très bien, moi non plus ! »
« Tu n’as pas le droit de dire ça ! »
Mais souvent, l’enfant ne parle pas vraiment de l’amour. Il essaie surtout de dire :
« Je suis très en colère. »
« Je suis déçu. »
« Je n’aime pas ce que tu viens de décider. »
« Je me sens blessé. »
On peut répondre simplement :
« Là, tu es très en colère contre moi. Mais moi, je t’aime toujours. »
« Là, tu es très fâché contre lui. Tu peux dire : Je ne veux plus jouer avec toi maintenant. »
L’idée n’est pas de forcer l’enfant à dire « je t’aime ». C’est de l’aider à mettre des mots plus justes sur ce qu’il ressent.
L’amour peut rester là, même quand la colère est très forte.
Dire pardon, c’est bien. Réparer, c’est encore mieux
Imaginons qu’un enfant casse la construction de son frère. On lui demande de dire pardon. Il répond rapidement : « Pardon. »
Puis il repart jouer.
Le mot est dit, mais l’autre enfant est toujours triste.
On peut alors demander : « Qu’est-ce que tu peux faire pour réparer ? »
Peut-être l’aider à reconstruire.
Lui rendre les pièces.
Lui laisser un peu de temps.
Ou lui proposer de recommencer ensemble.
L’enfant comprend ainsi que réparer, ce n’est pas seulement dire un mot. C’est aussi faire quelque chose.
Derrière la colère, il y a souvent autre chose
Un enfant peut pousser parce qu’il est jaloux.
Il peut crier parce qu’il se sent blessé.
Il peut dire « je m’en fiche » alors qu’en réalité, il a peur de perdre sa place.
Cela ne veut pas dire qu’on accepte tout.
On peut dire : « Je vois que tu es jaloux. Mais je ne te laisse pas pousser ton frère. Tu peux dire : “Moi aussi, j’ai besoin de maman.” »
On comprend ce qu’il ressent, tout en gardant une limite claire.
Éviter les étiquettes
Quand un enfant dit quelque chose de blessant, on peut être tenté de dire : « Tu es méchant. »
Mais mieux vaut parler de ce qu’il a fait : « Ce que tu as dit est blessant. Je ne te laisse pas parler comme ça. »
Ce n’est pas pareil.
L’enfant comprend qu’il a mal agi, sans penser qu’il est lui-même mauvais.
Et quand c’est nous qui dérapons ?
Nous aussi, parfois, nous crions.
Nous pouvons revenir vers notre enfant et dire : « Tout à l’heure, je t’ai parlé trop durement. Je suis désolée. La règle reste la même, mais je n’aurais pas dû te parler comme ça. »
S’excuser ne fait pas perdre son autorité.
Au contraire, cela montre à l’enfant qu’un adulte peut se tromper et revenir réparer.
Après une dispute, on peut essayer trois étapes :
- Arrêter le geste
« Stop. Je ne vous laisse pas vous frapper. »
On sépare, on enlève le jeu : on pose la conséquence.
- Comprendre
Quand tout le monde est plus calme :
« Qu’est-ce qui s’est passé ? »
« Qu’est-ce qui t’a énervé ? »
- Réparer
« Qu’est-ce que tu peux faire maintenant pour arranger les choses ? »
La question du mois de Av
Après un conflit, on peut poser cette question :
« Qu’est-ce qui pourrait nous aider à réparer le lien maintenant ? »
Parfois, ce sera un pardon.
Parfois, un geste.
Parfois, un peu de temps.
Et parfois, simplement dire :
« Nous sommes encore en colère, mais nous nous aimons. On en reparlera quand tout le monde sera plus calme. »
Nos enfants n’ont pas besoin de grandir dans une famille sans disputes.
Ils ont besoin d’apprendre qu’après une dispute, on peut revenir vers l’autre, comprendre ce qui s’est passé et essayer de réparer.
Une famille solide, ce n’est pas une famille où rien ne se casse. C’est une famille où l’on apprend à réparer.
