Et si maintenant, on prenait rendez-vous avec nous-mêmes ?
- 13/10/2026
Soyons honnêtes.
Il y a du linge. Beaucoup de linge. Parce que pendant Hol Hamoed, on n’a pas lavé — c’est interdit. Alors les paniers se sont remplis. Et quand les fêtes se sont terminées, on s’est retrouvées avec des semaines de linge d’un coup, en plus de tout le reste à remettre en ordre.
Et pourtant — et c’est une pensée qui me revient souvent dans ces moments-là — je pense à ces femmes rescapées de la Shoah qui remerciaient Hachem d’avoir du linge à laver. D’avoir une famille dont s’occuper. D’avoir une maison à ranger. Ce qui nous pèse parfois, elles en avaient rêvé.
Alors oui, il y a du linge. Et c’est une bénédiction.
Mais ça n’empêche pas d’être épuisée.
On était partout. On a tout géré. On a tenu.
Des semaines à courir. Les repas de fêtes qui s’enchaînent, les courses dans tous les sens, les enfants qu’on habille et rhabille, les invités qu’on accueille avec le sourire même quand on est à bout. La souka qu’on monte, qu’on décore, qu’on démonte. Les nuits à la shoul pour Roch Hachana, debout pour Kippour, rayonnantes pour Simhat Torah. On a chanté, on a prié, on a pleuré, on a ri. On a vécu des moments forts, beaux, intenses.
Mais entre nous — qui s’est occupée de nous ?
L’après-fêtes, c’est réel
Il y a une fatigue particulière qui vient après les haggim. Ce n’est pas une fatigue ordinaire. C’est une fatigue qui mélange tout — le physique, l’émotionnel, le spirituel. On a donné beaucoup. On a couru beaucoup. Et là, d’un coup, c’est Hechvan. Plus de fête. Plus d’élan collectif. Plus de compte à rebours vers le prochain Yom Tov.
Juste le quotidien. Et le linge.
Et ce quotidien peut sembler presque vide après toute cette effervescence. Comme quand les lumières s’éteignent et que la pièce paraît soudain trop calme. Sauf que là, c’est nous qui nous sentons un peu à plat.
C’est normal. C’est humain. Et c’est le signe qu’il est temps de se recentrer.
Reprendre une routine — mais la bonne
Quand on parle de routine, on pense souvent contrainte, rigidité, ennui. Mais une bonne routine c’est exactement l’inverse — c’est un cadre qui libère. Quand on sait comment la journée va se dérouler, on perd moins d’énergie à décider, à improviser, à rattraper. On a la tête plus libre. On respire mieux.
Et surtout — une bonne routine, ça inclut du temps pour soi. Pas « du temps pour soi si tout le reste est fait ». Du vrai temps. Planifié. Non négociable.
Alors voilà quelques petites choses à remettre en place doucement, sans pression, une par une :
Le matin qui nous appartient. Même dix minutes avant que tout le monde se réveille. Un café chaud, le silence, rien à gérer encore. C’est peu et c’est tout.
Le mouvement. Pas forcément le sport intense — une marche, du yoga, ce qui nous fait du bien à nous. Le corps a besoin de bouger après toutes ces tablées.
Les listes. Oui, les listes. Parce qu’après les fêtes la tête est pleine et on oublie tout. Vider ce qu’on a dans la tête sur papier, c’est déjà respirer mieux.
Un moment sans écran, sans téléphone . Juste un. Dans la journée. Pour être là, vraiment là, sans scroller, sans vérifier, sans répondre à personne.
Et le linge ? Il sera fait. Promis. Mais pas en premier.
Le rendez-vous le plus important
On prend des rendez-vous pour tout le monde. Le pédiatre, le dentiste, la réunion parents-profs. On note, on confirme, on ne rate pas.
Et nous ?
Ce mois de Hechvan, et si on se mettait nous-mêmes dans l’agenda ? Pas de manière grandiose — pas besoin d’un week-end au spa ou d’une grande décision de vie. Juste un rendez-vous régulier avec soi-même. Une heure par semaine qui nous appartient. Une activité qu’on aime et qu’on reporte depuis septembre. Un livre qu’on a envie de lire. Un bain chaud pris sans culpabilité.
Après les haggim, on a donné le meilleur de nous-mêmes à nos familles, à nos maisons, à nos communautés. C’est beau. C’est ce qu’on est.
Mais pour continuer à donner, il faut aussi se remplir.
Hechvan est silencieux. Il est long. Il est à nous.
Profitons-en.

Tips pratiques — L’été à mini budget
Créer l’ambiance chez soi Fleurs fraîches, draps propres, repas pris dehors, bougie le soir — changer quelque chose de visible pour marquer le changement de saison.
Les sorties gratuites ou presque Parcs, jardins, bibliothèques, musées en entrée libre, animations mairie, jeux en plein air — cherchez le programme de votre ville et alentours.
La journée à la journée Une forêt, un lac, une ville voisine — le dépaysement n’a pas besoin d’être lointain.
Les journées thématiques à la maison Journée cuisine, journée cinéma, journée créative — les enfants adorent et s’en souviennent longtemps.
Changer sa routine matinale Lever plus tardif, café tranquille, téléphone éteint le matin — dix minutes suffisent à changer l’ambiance de toute la journée.
S’habiller pour soi La tenue d’été qu’on aime — même à la maison. Ça change le regard qu’on pose sur sa journée.
