Ces journées où l’on fait beaucoup, mais où l’on a toujours l’impression qu’il reste trop à faire… Et si l’on changeait un peu notre manière de les regarder ?
Il y a des journées qui semblent commencer avec du retard.
Avant même d’avoir pris le temps de souffler, nous pensons déjà au linge à plier, au message auquel nous n’avons pas répondu, au rendez-vous à organiser, à ce repas qu’il faudrait anticiper… Sans compter toutes les petites choses qui s’ajoutent au fil des heures.
Alors, on avance. On fait de notre mieux. On passe d’une tâche à une autre.
Et pourtant, le soir venu, notre regard se pose souvent sur ce qui reste.
Comme si tout ce que nous avions accompli comptait moins que les quelques cases encore vides de notre liste.
Cette impression de ne jamais en faire assez
Le plus fatigant n’est pas toujours ce que nous avons à faire. C’est parfois cette sensation de devoir constamment rattraper quelque chose.
Rattraper le rangement d’hier. Rattraper les messages de la semaine. Rattraper ce moment que nous voulions consacrer à nos enfants, à notre couple ou simplement à nous-mêmes.
Et lorsqu’une journée ne se déroule pas comme prévu, nous avons tendance à vouloir tout reporter au lendemain.
Mais le lendemain a déjà son propre programme.
Peu à peu, notre quotidien peut prendre des allures de course dont nous ne voyons jamais vraiment la ligne d’arrivée.
Et si tout n’avait pas la même importance ?
Il y a bien sûr des responsabilités auxquelles nous ne pouvons pas nous soustraire. Des engagements à tenir, des besoins auxquels répondre, des choses réellement importantes.
Mais tout ce qui figure sur notre liste mérite-t-il la même urgence ?
Un placard à réorganiser peut attendre. Un message peut parfois recevoir une réponse demain. Et une maison peut être accueillante sans que chaque détail soit parfait.
La question n’est pas de renoncer à prendre soin de notre foyer ou de nos proches.
C’est de nous demander, de temps en temps : qu’est-ce qui compte vraiment aujourd’hui ?
Cette simple distinction peut nous aider à retrouver un peu d’espace dans nos journées.
Apprendre à regarder ce qui a été fait
Imaginez qu’en fin de journée, au lieu de dresser uniquement la liste de ce qui reste, nous prenions quelques instants pour nous rappeler ce que nous avons déjà accompli.
Pas seulement les grandes tâches visibles.
Il y a aussi ce coup de téléphone qui a rassuré quelqu’un. Cette conversation avec un enfant. Cette attention pour notre conjoint. Ce repas préparé malgré une journée chargée.
Ces gestes-là ne se cochent pas toujours sur une liste. Pourtant, ils font eux aussi la richesse de notre quotidien.
Une journée ne se résume pas à sa productivité.
Elle est aussi faite de présence, de relations, de petites attentions et de moments que nous avons parfois tendance à oublier.
S’autoriser à terminer la journée
Il y aura presque toujours quelque chose à faire de plus.
Une dernière machine à lancer. Un tiroir à ranger. Une tâche à avancer pour demain.
Mais à quel moment décidons-nous que, pour aujourd’hui, c’est assez ?
Peut-être pourrions-nous essayer une chose toute simple : choisir chaque matin deux ou trois priorités réalistes, puis accepter que le reste ne soit pas forcément terminé.
Et le soir, plutôt que de nous demander seulement « Qu’est-ce que je n’ai pas fait ? », nous poser cette autre question :
« Qu’est-ce que j’ai apporté de beau à cette journée ? »
La réponse ne sera pas toujours spectaculaire. Et c’est très bien ainsi.
Car notre vie ne se construit pas uniquement dans les grandes réussites ou les journées parfaitement organisées.
Elle se construit aussi dans tout ce que nous faisons, discrètement, avec les moyens et l’énergie du moment.
Alors, ce soir, peut-être pouvons-nous laisser quelques cases vides.
Et nous accorder la permission de refermer la journée, sans avoir besoin d’avoir tout rattrapé.
Cet article est inspiré d’un chiour de Léa Nabet, donné lors d’une soirée organisée en partenariat avec SHALVA, Mikveden et Torah-Box.



