La lumière de l’obscurité

La lumière de l’obscurité 19/11/2025 Rav Pinkus, dans un livre sur Hanouka, nous fait remarquer que la Présence d’Hachem, Sa Ché’hina, ne se dévoile qu’à travers l’obscurité. Trois événements décrits dans les פסוקים le soulignent:   « ה אמר לשכון בערפל » Quand Chlomo Hamale’h  a construit le *Beit Hamikdach*, il est écrit qu’Hachem résidera dans l’obscurité (ערפל).   « ומשה נגש אל בערפל » *Lorsqu’Hachem s’est dévoilé à Moché Rabénou*, Sa Ch’hina reposait  également dans l’obscurité.   « לפנים שלוש מחיצות «  *Au moment où Hachem nous a transmis la Torah*, Sa Ch’hina résidait derrière trois séparations d’obscurité  « חושך, ענן וערפל ».     Ainsi, la plus grande des proximités d’Hachem auprès des hommes ne se fait qu’à travers l’obscurité.   Cela peut se comprendre du fait que Sa Présence sur terre ne pourrait être supportée par elle, par les hommes sans que nous en soyons protégés par une Mé’hitsa, une protection.  *Le Rav souligne que l’objectif d’une Mé’hitsa n’est pas la séparation mais bien le rapprochement.* En séparant les hommes des femmes à la synagogue nous les délestons de ce qui peut survenir lorsqu’ils sont proches, pour leur permettre de se rapprocher d’Hachem sans  être freinés par d’autres pensées. Comparativement, afin de pouvoir se rapprocher d’Hachem au Beit Hamikdach, lors de la נבואה de Moché Rabénou ou pour recevoir la Thora, nous avons nécessairement besoin de protections, de filtres nous permettant d’atteindre Hachem en quelque sorte.    *Mais, nous dit le Rav Pinkus, cela est également vrai pour les  hommes: lorsqu’un individu se trouve dans une forme d’obscurité, telle qu’une épreuve, un danger, une chute spirituelle, une dépression, Hachem s’y cache, est tout près de lui.*   Les témoignages des otages libérés, de leurs familles, illustrent avec force cette idée. La profondeur de leurs difficultés a créé en eux une connexion avec Hachem d’une profondeur inimaginable. Les guerres, les époques de pogroms, d’expulsions, ont fait naître des héros au sein du Klal Israël. Malheureusement, nous n’avons pas besoin de donner des exemples du passé pour illustrer notre propos. Combien de nos contemporains se révèlent courageux, engagés avec vigueur dans leurs actions et choix du quotidien, résilients, profondément proches d’Hachem… L’obscurité les a révélés pleins de lumière…   La vie n’est Barouh Hachem pas aussi obscure que cela pour tous. Néanmoins, dans le quotidien, des zones d’ombres peuvent apparaître : des moments d’incertitude, des conflits, des baisses de moral, des contrariétés,…et si nous les regardions comme autant d’occasions de révéler une lumière : une plus grande proximité avec Hachem envers qui nous nous confions, un enseignement à tirer une reconnaissance de nos forces, une plus grande compréhension de la nature humaine, un raffinement de nos traits de caractère,…pour nous révéler plus lumineuses que jamais.   Sarah Lahmi

La Téchouva du Pauvre… ?

La Téchouva du Pauvre… ? 12/09/2025 POUR TELECHARGER L’ARTICLE Nous voici déjà aux portes de la nouvelle année, aux portes de Roch Hachana et des Jours Redoutables, aux portes du Jugement…  et tu t’interroges, le cœur noué, les yeux baissés, habitée par l’humilité : « Où en suis-je… ? De quoi pourrai-je seulement me faire valoir face au Roi des rois… ?  Comment envisager de vivre de grands moments de prières, chez moi, entre deux tétées / changements de couches / disputes enfantines… ? Comment vibrer aux quelques bribes de Shofar glanées sans l’introduction poignante du Ete Chaaré Ratson chanté avec ferveur par l’ensemble des fidèles… ? Comment imaginer implorer Hachem correctement à Roch Hachana / Kippour, sans être portée par les mélodies du Hazan, les larmes de ma pieuse voisine, la puissance du chœur/cœur communautaire… ? De quoi aura l’air ma Téchouva… ? » Ma chère sœur ! Le monde a besoin de TES précieuses prières et je te supplie de ne pas sous-estimer ton offrande unique et merveilleuse ! Il est certes aisé d’admirer la bête engraissée que tire fièrement le riche vers le Temple ; mais n’oublions pas la valeur incommensurable de l’offrande de farine qu’apporte à son tour l’indigent, avec tant d’humilité… C’est la leçon sublime que nous offre Rachi sur ce verset de Vayikra : וְנֶפֶשׁ, כִּי-תַקְרִיב קָרְבַּן מִנְחָה לַה’  סֹלֶת, יִהְיֶה קָרְבָּנוֹ « Si une personne offre une oblation à Hachem, son offrande sera de fleur de farine (Lév. 2: 1). » F La seule offrande où apparaît le terme נפש (âme) pour dire « une personne » est l’oblation de farine, soit celle du pauvre ; en effet, face à l’offrande du pauvre, Hachem s’exclame : « Je considère comme s’il avait offert son âme ! » Il y a certes la prière et la Téchouva des riches, ces femmes extraordinaires qui consacrent une si grande partie de leurs journées aux trois prières quotidiennes et aussi à la récitation des Téhilim, ces femmes qui passeront leurs matinées de Roch Hachana et leur journée de Kippour à la Synagogue, ces femmes qui vibreront avec l’assemblée et verseront des larmes de Ferveur et de Repentir pour porter leurs précieuses prières jusqu’au Trône Céleste, ces femmes qui représentent autant de piliers pour maintenir notre monde en existence. Mais il y a aussi la prière des « pauvres », ces quelques maigres bribes essentielles murmurées par nos merveilleuses jeunes mamans avant que les petits ne s’éveillent, entre deux épisodes agités, ou encore, courageusement, alors qu’elles sont épuisées en fin de journée, avant que les paupières ne se ferment enfin pour trouver un peu de ce répit salvateur qui sera souvent de si courte durée… Eh bien, ces moments sont suspendus dans les hauteurs et chacun de tes mots de Téfila se transforme en rosée de VIE pour notre monde car Hachem Lui-même s’exclame, te rendant littéralement milliardaire l’espace d’un instant : «  Je recueille ton offrande avec tant d’amour et considère comme si tu avais offert ton âme ! » Quarante ans en arrière… L’enfant que j’étais alors est l’aînée d’une fratrie déjà nombreuse. La journée était intense. Maman chérie ne s’est pas arrêtée, dansant depuis l’aube entre la gazinière, le four, les éviers, les jeux, les disputes, la baignoire et le seau. N’a-t-elle pas confectionné le petit-déjeuner copieux et agrémenté des douceurs de circonstance, concocté le couscous de midi, préparé toute la Séoudat Hamafssékète et les délices qui marqueront la fin du jeûne ? N’a-t-elle pas géré puis baigné chacun des petits ? Assuré le ménage de toute la maison et le débarrassage comme la vaisselle du dernier repas avant l’entrée du Grand Jour ? Je l’ai certes un peu aidée, mais que pèse mon geste d’enfant au regard de tout ce qu’elle a accompli ? Papa chlita, tel un ange sur terre, s’est rendu à la Choule et Maman chérie, coiffée d’un superbe foulard blanc, a recouvert la longue table du salon d’une nappe blanche immaculée. Je la regarde allumer les bougies de Kippour sur nos grands et majestueux bougeoirs de cuivre, prier avec ferveur, puis me bénir avec tant d’amour, sans contenir ses larmes d’émotion. Le soleil ne va pas tarder à se coucher. Et nous aussi. Je jette un dernier regard sur Maman, qui a disposé son Mahzor et des mouchoirs sur la table et je me retrouve bien vite allongée dans mon lit, prête à me laisser délicieusement envahir par le sommeil. C’est alors que je les perçois. Très distinctement. Si mélodieuses. Tellement touchantes. Habitées par l’émotion. Entrecoupées parfois de larmes. D’une douceur mêlée de puissance. Accompagnant mon endormissement et m’enveloppant jusqu’à aujourd’hui, alors que quatre décades se sont écoulées. Les prières de Kippour de Maman chérie. Lékha Kéli téchoukati, Lékha…   Non, Maman chérie n’est pas allée à la Choule. Telle une douce et fidèle colombe, elle est restée auprès de ses oisillons bien aimés. Là où le cœur comme le devoir l’ont toujours appelée. Et, certes épuisée après une telle journée, elle n’a pas renoncé. Sans être portée par les mélodies du Hazan ni la puissance du chœur communautaire, elle a offert à Hachem et à sa nombreuse descendance, l’offrande la plus riche qui fût.      Une prière. Une mélodie qui te reste de cette jeunesse où tu pouvais participer aux offices ou de ces Selih’ot magiques que tu sais chanter et qui sauront éveiller ton émotion. Quelques mots que tu adresses humblement (oui, même en français) et sincèrement à Hachem tout en berçant ce petit prince inconsolable / en cajolant cette princesse qui ne trouve pas le sommeil, pour Le supplier de protéger ton petit monde, Son grand monde : ce sont là les offrandes les plus sublimes, les plus chéries que tu puisses apporter sur l’Autel… Enfin, comme le disait si justement la Rabbanite Meyer de Bnei Brak dans ce magnifique poème sur la Téchouva qui savait tant me porter lorsque j’avais de très jeunes enfants à la maison : « C’est vrai, Hachem, je n’ai pas ouvert de Séfarim Je n’ai pas ajouté d’heures de Téhilim… Mon rôle est maintenant de savoir comment vivre, Mon foyer est mon limoud, mes enfants mes

Soukot et ma compétence à recevoir

Soukot et ma compétence à recevoir 12/09/2025 L’image qui me vient spontanément lorsque la fête de Souccot approche est celle de l’étreinte d’Hachem envers chacun de nous. Mariacha Drai expliquait que la Soucca, avec ses trois murs obligatoires, forme kavya’hol le corps, le bras et l’avant-bras d’Hachem nous enveloppant…Après ce parcours de rapprochement entre Hachem et Son peuple, voici venue la fête de notre étreinte. C’est magnifique… J’ai souvent pu être étonnée devant la différence flagrante de réaction des personnes recevant un cadeau, un compliment ou tout autre apport agréable extérieur.Il y a celles qui accueillent cet élan venant d’autrui avec bonheur, éclats de paroles et de joie, directement connectées et en phase avec ces ondes de générosité qu’elles interceptent les bras grands ouverts. D’autres sont étonnées, réservées, même peut-être méfiantes et un brin tristes ou déçues devant ce mouvement extérieur vers elles (pas assez, trop pour elles, évitements, etc.).Enfant et jeune, je pensais que c’était les circonstances qui séparaient ces deux types de personnes (valeur du cadeau, pertinence du compliment, lien avec la personne qui offre, etc.) et ce constat me désolait. J’ai compris que cette première lecture se cassait rapidement la figure et que c’était une excellente nouvelle !! Dans ce micro-comportement du moment M de l’accueil du cadeau se cache en fait notre intime disposition à recevoir. Du dessous du chapeau, imperceptiblement, se hissent des pensées à peine audibles nous permettant ou empêchant d’accueillir avec délectation ces élans extérieurs.Ici se cache le champ à labourer, semer, pour voir fleurir en nous cette ouverture, cette compétence à recevoir. Et oui, car recevoir, ça s’apprend ! La balle est dans notre camp !Nous ne sommes pas égales devant l’acquisition de cette compétence et chacune, là où elle se trouve, sera bEzrat Hachem son agricultrice soignée. Hachem nous aime, puissions-nous toutes profiter de cette fête avec délectation bEzrat Hachem. Sarah Lahmi                                                                          

Du Cercle au Carré…

Du Cercle au Carré… 25/08/2025 Quel rapport, demanderez-vous à juste titre, peut-il bien y avoir entre un cercle, un carré et le mois d’Elloul… ? Je vous assure pourtant que l’essence de ce mois de préparation réside dans la différence que l’on aura établie entre ces deux figures puis dans le passage que l’on se sera frayé de la première à la seconde… Pour vous en convaincre, je vous propose de me suivre au cœur de ce voyage délicieux et palpitant que nous avait offert Rav Théodros Miller chlita à Gateshead, il y a exactement trente ans et qui a largement inspiré ces lignes ! Dans l’alphabet hébraïque, la forme de chaque lettre a un sens profond et suscite une interprétation particulière. Or, pour le Midrash (Béréchit Rabba 17, 9), le Satan est assimilé à la lettre Samekh. Comment comprendre ? Le Samekh est représenté par un cercle, que l’on peut qualifier de prévisible. En effet, suivant la courbe à peine entamée, je peux savoir que le résultat sera un cercle. Est-ce le cas du carré ? Non ! Le carré est totalement imprévisible, réservant au moins trois surprises car je change autant de fois de trajectoire… F L’arme du Satan est le Samekh, le cercle, la routine, ce cycle imperturbable que représente à nos yeux la Nature immuable (Téva) qui nous sert de cadre et se trouve être le sceau (tabaat) du Satan. Cette Nature (Hatéva) dont la valeur numérique est bien Elokim (86) car elle est l’œuvre sublime du Créateur, mais qui peut nous enfermer et nous engloutir, car on peut hélas s’y noyer, comme le suggèrent son étymologie (litvoa, se noyer, mais aussi tabaat, un anneau) ainsi que ces mots du prophète Yéchaya (1, 18), interprétés par le Yalkout : « Vos fautes fussent-elles comme shanim, elles peuvent devenir blanc comme neige ! » : shanim, ce sont ces années suivant un mouvement circulaire, répétitif, récurrent et prévisible permettant et expliquant la faute. Les hommes se rassurent à la pensée que le soleil qui s’est levé hier et aujourd’hui, n’aurait pas de raison de ne pas le faire demain. Les hommes s’oublient et s’endorment dans cette nature cyclique immuable et ronronnante environnante. Les jours et les saisons reviennent de façon prévisible, les oiseaux chantent au même moment chaque jour, et l’on se laisse bercer par le bruissement du vent dans les feuilles, la fine pluie qui tombe, la danse répétitive des vagues ou le murmure régulier des ruisseaux… Indubitablement, sans le Téva, ce cycle confortable et cette permanence rassurante de la Nature, les humains mèneraient une vie hystérique, chaotique et complètement déséquilibrée ! Un coucher de soleil au cœur de la journée ou une nuit interminable, mais également une journée sans fin ni possibilité de repos, de la neige en plein été, les arbres qui cessent de pousser, les marées de monter et de descendre, les oiseaux de chanter ou les étoiles de briller, ne sont que des exemples de situations potentiellement très anxiogènes et nous ne pouvons que déborder de gratitude envers Hachem pour cet ordre établi, prévisible et rassurant qu’est la Nature environnante. Toutefois, ce même Téva nous confronte tout autant aux dangers de la perte de la conscience de notre dépendance envers Hachem, de l’omission du Régisseur à l’origine de toutes ces lois et de l’oubli du tout premier des Treize Fondements de la Foi de Maïmonide, à savoir « qu’il y a un Créateur, un Guide qui, à Lui seul est responsable de toutes les créations et créatures, au passé, présent et futur ». Sans shanim, ce cycle trompeur et aveuglant, la faute n’aurait pu trouver ici-bas une quelconque place. La main de Hachem aurait été ostensible et Sa domination sur le monde incontournable. Si Hachem a créé ce monde de répétition, un réel challenge pour l’homme, c’est pour permettre aux humains d’écrire leur histoire, de Le rechercher, de cheminer sur cette voie passionnante de l’illusion, de la réflexion et de la découverte. Car l’homme qui recherche Hachem Le trouve ! Hélas, le Satan, épaulé de ses sbires circulaires que sont les astres responsables du passage du temps (le soleil et la lune notamment), endort et engourdit notre faculté d’entendement : nous oublions que Hachem recrée le monde à chaque instant, car la répétition (choné) que nous trouvons dans le renouvellement des années (chana) engendre irrévocablement le sommeil (chéna), si nous ne nous mobilisons pas à l’action… En Elloul et à Roch Hachana, le réveil qui accompagne les sursauts de notre repentir s’opère sous l’action du Shofar, nous exhortant à la Téchouva, dans ces mots du Rambam (Hilkhot Téchouva 3, 4) : « Réveillez-vous, dormeurs, de votre sommeil ! Et vous, engourdis, sortez de votre torpeur et scrutez vos actions pour revenir à la Téchouva et vous souvenir de votre Créateur ! Je m’adresse à vous qui oubliez la vérité sous l’action du temps et qui gaspillez vos années pour des vanités absolument inutiles ! » L’appel du Shofar est donc destiné à nous réveiller, à rompre le cycle infernal pour apporter un élément nouveau, un changement de cap : la Téchouva. Si la faute et le Satan sont assimilés au cercle, le repentir sera schématisé par un carré et c’est certainement en cela que le son du Shofar est censé troubler le Satan… Avez-vous remarqué que la Nature, faite de cercles et spirales (galaxies, coquillages), de courbes, de formes curvilignes (croissance des plantes, rivières) et de cycles (saisons, orbites), ne comporte pas d’élément carré (Talmud de Jérusalem, Maasrot, ch. 5)? C’est bien l’intervention humaine, en « carrant le cercle », qui introduit une géométrie plus abstraite, plus conceptuelle. Les hommes ont bâti des villes avec leurs rues perpendiculaires, une agriculture en parcelles régulières et une architecture aux angles droits. Or, bien au-delà de cette domestication de l’espace naturel, nous décodons peut-être ici, précisément, la mission humaine : briser le cercle du Téva, s’impliquer et imposer son carré. Et c’est là, également que se niche le message de Roch Hachana ! Difficile de concevoir qu’un cercle ait un début ou une fin. Difficile logiquement d’imaginer qu’une année, représentée par un cycle, ait un début. Et pourtant, Roch

Eloul, être face à soi, devant Hachem

Eloul, être face à soi, devant Hachem 25/08/2025 Salle de classe immense, épurée… Silence absolu des étudiantes tendues … Des consignes particulières faces cachées seront distribuées sous peu par les examinateurs. Elles ne pourront être retournées sur chaque bureau qu’à 08h30 précise !! Une consigne personnalisée, choisie pour chacun avec une précision déconcertante à découvrir …    Je la découvre enfin: *ma* consigne. Pas celle de ma voisine du rang de devant, ni celle du rang derrière. La *mienne*… Je la lis d’un trait et il me semble que je déglutie difficilement. Je sue à grandes gouttes. Il y a erreur !   Je quitte rapidement ma chaise pour m’élancer vers les examinateurs. « Il y a sûrement erreur !! Ce n’est pas la consigne à laquelle je m’attendais ! ». Ils restent silencieux et m’indiquent calmement de retourner à mon bureau.   Les autres étudiantes semblent sereines pourtant… Il n’y a apparemment que moi qui tente fébrilement de trouver une échappatoire, une issue. Pas cette consigne ! Pas cette consigne !    Sarah semble bien plus calme en lisant la sienne. Tsipora sourit même. Plus loin dans la salle, j’observe Mihal bien énergique en train d’écrire déjà frénétiquement sur les feuilles blanches. J’aimerais tant être à leurs places… Je reste seule face à ces mots devant moi..   J’aurais tant voulu avoir les qualités de Hessed de mon amie de droite, le côté terre à terre et pragmatique de ma cousine, l’intelligence aiguisée de ma sœur… Je suis prise de vertige mais je me ressaisis : il s’agit ici de la consigne du Maître du monde ! Mon Créateur a peint avec exactitude et amour la personne que je suis ! Tous ces détails qui me composent viennent de Lui ! Il a confiance en moi et m’a donné exactement les éléments dont j’ai besoin, ceux avec lesquels je suis en mesure de travailler ! Cette pensée me rassérène profondément. Comment n’y avait-je pas pensé plus tôt ?   J’aurais le bonheur de découvrir mes forces, le courage de regarder mes failles, le plaisir de voir combien les premières réparent les secondes, la joie de sentir la proximité d’Hachem pour moi dans le choix de chaque élément. Il s’agit du jardin secret que je parerai de mille fleurs colorées, d’oiseaux, de sources fraîches.   Eloul arrive. Le mois pour être face à soi. Cette cartographie de l’assemblage précis qui nous compose, décidée par Lui Seul. Ce sont nos outils, nos atouts, nos forces mais également nos zones d’amélioration, nos blessures à soigner qui y sont inscrites. Il s’agit également de notre enfance, de notre histoire, la famille que nous construisons, les personnes que nous rencontrons, leurs personnalités, notre cadre de travail… En Eloul, il est temps d’être face à soi, avec tout le courage et la vulnérabilité que cela demande, pour s’avancer vers Hachem avec vérité, authenticité. Avec fougue aussi pour œuvrer pour ce jardin à fertiliser !    Sarah Braha Lahmi: Parabole inspirée d’un texte du Sifté Hayim

Le mois de AV

Le mois de AV 30/07/2025 Le mois est Av est un mois particulièrement fort, plein de contrastes. La tristesse profonde liée à la Ché’hina qui s’est éloignée laissant flammes et désespoir côtoie un espoir merveilleux de rédemption finale, la Guéoula. Au plus profond de l’obscurité se cache la promesse d’une lumière éblouissante, la venue du Machia’h. Un verset de Yeshaya Hanavi décrit la promesse d’Hachem au temps de Machia’h. Toute souffrance morale et physique disparaîtront. ישעיהו כ »ה ח׳ בִּלַּע הַמָּוֶת לָנֶצַח, וּמָחָה ה’ דִּמְעָה מֵעַל כָּל-פָּנִים; וְחֶרְפַּת עַמּוֹ יָסִיר מֵעַל כָּל-הָאָרֶץ, כִּי ה’ דִּבֵּר. « La mort sera engloutie à jamais, et Hachem essuiera les larmes de tous les visages ; Il enlèvera l’opprobre de Son peuple de toute la terre, car c’est Hachem qui a parlé. » Le Arizal, sur le mot דמעה, larme, écrit qu’il a la même valeur numérique que le mot מועד, fête, moment de joie par excellence. Il explique que toutes les larmes liées à la souffrance, la tristesse, les difficultés seront transformées, au temps de Machia’h, en joie, en bonheur. Les מפרשים sont pourtant étonnés: le mot דמעה n’a pas la même valeur numérique que le mot מועד… L’un fait 119, l’autre 120… Comment le Arizal peut il avancer cela? Ils nous expliquent alors: il y a une façon d’établir un parallèle entre deux valeurs numériques de mots en y ajoutant le כולל d’un des deux, c’est à dire l’entièreté du mot (un mot: 1). Ainsi מועד de valeur numérique 120 a la même valeur numérique que דמעה de valeur numérique 119 à qui le כולל (la valeur du mot: 1) a été rajouté. Vous me suivez?  Cela reste étonnant. Pourquoi cet arrangement ? Ne pas comparer ces deux mots aurait été plus simple et juste, non? Le rabbi de Loubavitch explique qu’une דמעה est l’expression humaine d’une tristesse, d’une souffrance. Elle ne peut être comparée aux émotions liées à une fête, un מועד où tous les visages sont radieux, lumineux. Pourtant, si l’être humain pouvait se hisser et avoir une vision entière du projet d’Hachem du début de la création du monde jusqu’à la fin des temps, alors ses larmes pourront d’un coup s’assécher, il serait apaisé. Les êtres humains ressentiraient par cette vision entière une compréhension qui découlerait sur une joie profonde. Tout deviendrait clair, limpide et compréhensible. Cette vision entière est soulignée par la vision qu’apporte le כולל, cette façon d’inclure l’entièreté du mot.  Ainsi le mot larme, דמעה, doté du כולל, de cette vision globale, immense et entière, a la même valeur numérique que le mot מועד, un temps de joie profonde. Que puissent très rapidement, au son du grand Choffar, s’assécher toutes les larmes et les sourires se déposer sur tous les visages du Klal Israël !  Sarah Braha Lahmi: Texte inspiré par un Chiour de Rav Y.Y. Yakobson  

De la haine … gratuite ?

De la haine … gratuite ? 30/07/2025 Chaque année, alors que nous approchons de Ticha Béav, nous rappelons à nos mémoires que le Second Beth Hamikdach (Temple) fut détruit ce même jour en raison de la sinat h’inam (haine gratuite) et que ce n’est que lorsque nous aurons éradiqué ladite haine de nos cœurs que nous mériterons la fin de cet exil près de deux fois millénaire et précipiterons la Délivrance. Or, en y réfléchissant, je m’interroge souvent, incrédule : Existe-t-il vraiment une haine qui soit gratuite ou infondée ? Indue ? Fantaisiste ? En toute franchise, avons-nous déjà croisé quelqu’un pour la première fois et décidé que, n’aimant pas la façon dont elle arrange ses cheveux ou porte son sac, nous allons la… détester ? Non ! Quand, hélas, les uns en veulent aux autres et se détestent, ce n’est jamais « pour rien ». Il y a toujours une raison à la haine ! Pourquoi, dès lors, nos Maîtres parlent-ils de haine gratuite ? De nombreuses pistes ont été avancées mais celle que je souhaite partager aujourd’hui avec vous m’a à la fois éclairée et bouleversée par sa justesse percutante… Je la dois à cette parabole (certes, plutôt violente…) du Rav Mattityahou Salomon zatsal que j’ai découverte dans l’un des ouvrages de Rav Yissocher Frand[1] et qui, précisons-le d’emblée, est purement fictive ! Simon, élève en classe de CE2, joue en plein cours avec son stylo à quatre couleurs, s’acharnant sur les boutons pressoirs comme sur des gâchettes, produisant un bruit de crécelle agaçant, le stylo se muant en instrument de torture sonore entre ses doigts, cliquetant et tournoyant dans une danse névrotique… Toutes les quelques secondes, le stylo tombe à terre et l’enfant se déplace, le ramasse et recommence le même jeu… L’agitation et le bruit deviennent très vite insupportables pour l’enseignant qui demande à Simon d’arrêter. L’enfant n’obéit pas. Il continue à appuyer sur les boutons, à faire tourner le stylo, à le faire tomber, à le ramasser. L’enseignant répète alors, avec encore plus de vigueur : « Simon ! Cesse immédiatement de jouer avec ce stylo ! » Mais l’enfant ignore toujours l’injonction de son maître. Il continue son manège, sans s’inquiéter davantage : les boutons, le bruit, l’agitation, le stylo qui tournoie, vole, tombe à terre… et le cauchemar qui semble ne jamais cesser. Soudain, happé par la frustration et l’agacement, l’enseignant saisit l’un des objets se trouvant sur son bureau et le lance en direction de l’enfant perturbateur, le blessant à la main. Or, soit l’objet était particulièrement coupant, soit le coup très brutal : Simon voit son doigt littéralement arraché… Il est transporté d’urgence à l’hôpital mais hélas, rien ne peut être fait pour réparer les dégâts. Le lendemain, les parents demandent à parler à l’enseignant et s’exclament : « Comment pouviez-vous faire une telle chose ? Vous avez mutilé notre enfant sans aucune raison ! » « Oh, ce n’était pas sans raison », répond l’enseignant. « Il jouait avec son stylo ! » « Êtes-vous dingue ? » interrogent les parents, complètement incrédules. « Pensez-vous vraiment que jouer avec un stylo soit une raison valable pour mutiler un enfant à vie ??? » Qui a raison ? Techniquement, le maître n’a pas tort. Il n’a pas agi sans raison. Mais nous savons toutes qu’il est dans son tort le plus absolu. Jouer avec un stylo n’est absolument pas une raison suffisante pour amputer un enfant… : c’est h’inam. Gratuit. Infondé. Insensé. Délirant. Lorsque nos Maîtres nous enseignent que le Beth Hamikdach fut détruit à cause de la sinat h’inam (haine gratuite), ils ne disent pas qu’il n’y a jamais aucune raison à la haine. Il y a effectivement tant et tant de raisons. MAIS, au regard des dégâts que provoque cette haine, toutes les raisons invoquées s’effacent, perdent leur sens et deviennent dérisoires…   « Ata Eh’ad, véchimkha Eh’ad, oumi kéamkha Israël goy Eh’ad baarets : Tu es Un, Ton Nom est Un ! Et qui est comme Ton peuple Israël, Un peuple (uni/ unique) sur terre ?! » Ce sont les mots sublimes que nous insérons dans la prière de Minha de Chabat. Notre peuple se construit sur l’unité. Nous ne pouvons avoir le Beth Hamikdach que lorsque tous les systèmes sont opérationnels. Or, lorsque nous sommes divisés, le système est en panneL. Connaissant le prix à payer pour cette haine (qui peut avoir toutes les raisons et justifications possibles), à savoir, la destruction du Temple, nous nous devons de nous interroger : « Cela en vaut-il la peine ? Y a-t-il quelque chose qui vaille le prix de ne pas avoir notre Beth Hamikdach ? De ne pas recevoir Machiah’ ? » Rappelons-nous : si le prix n’en vaut pas la peine, c’est comme un enfant qui perd son doigt pour avoir joué avec un stylo. La prochaine fois que je m’énerve ou me tourmente pour une blessure, une contrariété, une frustration et que je m’apprête à franchir la ligne de la haine, je m’interroge seulement si le jeu en vaut effectivement la chandelle. Suis-je prête à retarder la venue de Machiah’ et le rassemblement de tous nos exilés à travers le monde (en passant par Gaza et l’Iran) parce que je n’ai été invitée qu’à la Houpa et pas à la soirée… ? Nous savons toutes que, malgré toutes les bonnes raisons à nos ressentiments, ces derniers n’en valent pas le prix… car notre peuple chéri souffre trop… Nous nous devons de contribuer activement à guérir nos maux et ne saurions y parvenir qu’en étant unis. Oui, en mettant nos petites frustrations de côté, en enterrant nos jalousies, en focalisant sur la lumière habitant chacun, nous nous présentons à Hachem comme Son Goy Eh’ad , Son peuple uni et unique, et mériterons b’’H d’accueillir notre Machiah’. Alors, Ticha béav sera le plus beau jour de fête de notre calendrier, Amen !   Rabanit Sarah Mimran  Léilouy Nichmat Hanna bat Simha. [1] Rabbi Yissocher Frand, It’s Never too Little, It’s Never too Late, It’s Never Enough, 94.

AU PLUS PROFOND DE MON ETRE

AU PLUS PROFOND DE MON ETRE 22/05/2025 Lorsqu’ Hakadoch Barouh Hou s’est dévoilé au Peuple Juif au Har Sinaï, le texte nous révèle un fait singulier et extraordinaire. « וכל העם רואים את הקולות » « Et tout le Peuple a vu les Voix » Les Hazal nous enseignent qu’à ce moment, les Bné Israël ont vu ce qui était audible et ont entendu ce qui était visible. Une inversion des sens… Mais quel est le sens caché de cette particularité du Don de la Torah?  Le Maharal de Prague enseigne qu’ici se cache la singularité de Matan Torah. Notre marque de fabrique L’oeil, parmi les 5 sens que sont l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût et la vue, est l’organe qui a l’accès le plus direct, entier et aiguisé avec la matière qui nous entoure. L’oeil perçoit de loin et est en contact fort avec le monde physique. L’ouïe, par contre, est un sens plus lointain (de très près les choses s’inversent). Voir ce qu’il se passe devant nous est bien plus percutant que d’entendre le même événement. Les Bné Israël ont ainsi « vu les Voix », la révélation d’Hachem. La spiritualité perçue l’a été de façon directe, entiere, percutante. Par contre, ce que l’être humain voit habituellement c’est à dire le monde physique, la matière, a été seulement entendue par eux. La matérialité a été reléguée à un niveau plus lointain. Cette hiérarchie entre spiritualité et matérialité a été vécue par tout un peuple. Le Peuple juif lit le monde avec un tout autre prisme. Un filtre de vérité où la spiritualité est vue et la matière entendue lointainement. C’est notre marque de fabrique pour l’éternité. Au plus profond de mon être, la Torah L’inversion des sens fait également référence à l’état embryonnaire. Les cellules souches vont par un processus merveilleux se multiplier et se différencier en organes différents pour ainsi former un être humain complet. L’être humain à son tout début est pour ainsi dire condensé, réuni, et va se déplier et se compartimenter en différents éléments différenciés (membres, organes, système nerveux, etc). A l’état embryonnaire,  nos sens sont réunis, mélangés. Nous avons reçu la Torah dans l’état où voir les voix et entendre le visible est possible: l’état embryonnaire, au plus profond de ce qui nous constitue.  Rav Akiva Tats nous rappelle qu’un ange enseigne au fœtus tous les mystères de la Création et tout ce dont il aura besoin de connaître pour atteindre sa perfection. C’est pourquoi, lorsque nous entendons quelque chose de beau et de vrai, nous la reconnaissons, elle fait écho à ce que nous avons d’inscrit au plus profond de nous.  Accepter la Torah de nouveau c’est ainsi revenir à soi, à ce qui a été imprimé en chacun de nous de façon originelle. Texte inspiré de Rav Moché Kaufmann, Rav Rafael Sadin et Rav Akiva Tats  Sarah Lahmi

« Comme elle est belle, Ma Knesset Israël ! « 

Comme elle est belle, Ma Knesset Israël ! 22/05/2025 Elle était au nadir. A l’agonie. Chancelante et recouverte de boue. De cette fange noiraude qui colle à la peau et vous empêchait de percevoir au-delà, d’entrevoir la finesse et la noblesse de ses traits ou d’apercevoir son regard profondément humain, intrinsèquement bon. Les lourdes corvées auxquelles elle était quotidiennement astreinte et les mœurs obscures et viles de ses maîtres rustres et cruels semblaient avoir eu raison d’elle. De son innocence passée. De son ascendance illustre. De son hygiène irréprochable, sa blancheur immaculée et sa pureté lumineuse -en apparence révolues[1]. Le Roi l’aperçut, et la perçut autre. Chéh’ora… vénava (Chir Hachirim, 1 : 5). Car Il la considéra longuement. Très longuement. Avec tant d’amour, surtout. Il conçut alors sa quiddité, et perça précisément au-delà… Au-delà des vapeurs nauséabondes qui l’enveloppaient, la délicieuse fragrance de la Foi. Au-delà de ses geignements dissonants, la mélodie suave de la Prière.                       Au-delà de la laideur et de la noirceur répugnantes, l’exquise beauté de la Bonté. Il la libéra en grande pompe de l’emprise de ses tortionnaires, la baigna dans les eaux asséchées (!) de la Mer Rouge et la déposa ensuite au cœur du désert aride. Bamidbar.C’est là, dans le néant, qu’Il la demanda en mariage. Et c’est là, dans la thébaïde, qu’elle se révéla. Là, qu’elle franchit courageusement le parcours tavelé d’obstacles qui s’offrait à elle. Là, qu’elle devint la Reine la plus merveilleuse et la plus délicate qui fût jamais : comme elle est belle, la Knesset Israël ! Jour après jour, elle puisa une énergie incommensurable et des ressources insoupçonnées dans le regard de lumière, d’amour et de confiance qu’Il avait posé sur elle. Jour après jour, avec un zèle, une volonté et une persévérance forçant l’admiration, elle conçut les quarante-neuf parures de son trousseau de Reine, ces robes de bonté, de souveraineté et de beauté, ces tenues d’éternité, d’humilité, de sobriété et de royauté, qu’elle sut coudre avec tant de dextérité, de créativité et de goût. H’essed. Gvoura. Tiféret. Netsah’. Hod. Yessod. Malkhout. Jour après jour, avec flamme et enthousiasme, avec ses larmes, tant d’émotion et tant de modestie aussi, elle s’appliqua à assortir les teintes à l’infini, à mêler les étoffes d’amour et de rigueur, les étoles de compassion et de splendeur, à multiplier les nuances et décliner les couleurs, à se vêtir de ces toilettes de lumière, à gravir les sept sphères spirituelles de l’univers. H’essed. Gvoura. Tiféret. Netsah’. Hod. Yessod. Malkhout. Jour après jour, elle espéra, elle aspira, elle soupira.        Jour après jour aussi, elle apprit à offrir ses espérances, ses aspirations et ses soupirs à son grand Roi. Bamidbar. A l’instar du désert alentour, elle se vida. De toute attente autre. De toute confiance autre. De toute espérance autre. De toute guidance autre. Elle comprit que plus rien ne comptait ou ne s’expliquait en dehors de la Volonté Divine. A l’instar du désert alentour, elle eut alors tellement soif. De vie. D’eau. D’amour. De pain et de sens. De drapeaux, d’une mission, et de perfection[2].  Baech. Dans le désert torride et aride, sa soif se mua en un désir brûlant, en prières ferventes, en braises ardentes, puis en flammes lumineuses qui s’élevèrent vers les Cieux et illuminèrent l’univers. Il la porta au zénith. Bamayim[3]. Il la combla et l’arrosa alors littéralement de vie et de bénédictions en lui offrant la Torah ; Il la nourrit du pain de Sa Loi et de la manne céleste,  l’installa sous la protection de Ses Nuées de gloire, et l’habilla de perfection en lui accordant des drapeaux et des missions qui correspondraient à chacune de ses dimensions, de ses facettes, de ses ressources : comme elle est belle, la Knesset Israël ! Unique et multiple à la fois, elle est toi et moi, nous tous pour Hachem autant de figures emblématiques, essentielles et lumineuses. Alors, motivons-nous toutes pour les finitions de nos parures royales (H’essed, Gvoura, Tiféret,  Netsah’, Hod, Yessod, Malkhout) et faisons à notre tour le vide de tout autre intérêt, bamidmar, pour nous remplir de cette soif brûlante de proximité avec Hachem, baech. Puis, retrouvons-nous toutes pour revivre notre Mariage à Chavouot, dans un transport de joie et sous une pluie d’infinies bérakhot, bamayim, comme en 2448, avec les miracles renouvelés de la libération de toute forme d’oppression et le retour de nos frères encore otages, la guérison de tous nos chers malades, la célébration des mariages (heureux) de tous nos célibataires et les annonces joyeuses, en cascade, de très nombreuses naissances, Amen ! Nous chanterons Hachem à l’unisson, interprétant nos partitions avec brio, Lui dédiant la plus mélodieuse symphonie de reconnaissance pour notre merveilleuse Torah, pour Ses miracles et pour la force incroyable qu’Il offre à chacune de nous avec son drapeau, son nom, ses anciens et ses plus jeunes. Émues, nous entendrons notre Roi s’extasier de nouveau : « Comme elle est belle, Ma Knesset Israël ! » Hag Saméah ! Léilouy Nichmat Haïm ben Moché et Hanna bat Simha. [1] Ce paragraphe est inspiré d’un texte de Rav Zekharya Wallerstein, intitulé: « You are Wonderful! » [2] C’est là la si belle lecture du Sfat Emet (Bamidbar, 5646) sur le Midrash : נתאוו בנ »י לדגלים כמלאכי השרת. Les בנ »י ont aspiré à la perfection qui caractérise les anges durant leur existence (arborant des drapeaux, ces missions claires auxquelles ils sont chacun assignés et qu’ils remplissent à la perfection). [3] C’est également là la lecture du Sfat Emet (Bamidbar, 5658) sur le Midrash : בג’ דברים נתנה התורה, באש, במים, במדבר. Le feu, qui s’élève vers le haut, matérialise la soif de l’homme à plus de proximité avec Hachem, tandis que l’eau, s’écoulant de haut en bas, représente la bérakha de Hachem, Qui éclaire de Haut en bas. Rabanit Sarah Mimran