30 jours pour se renforcer , Pessah, préparatifs et couple : mode d’emploi
- 13/03/2026
30 jours pour une mission commune !
« Il reste 30 jours »me dis-je en rangeant la maison au lendemain de Pourim.
30 jours pour jongler entre quotidien (ultra-intense), travail (en priant honteusement pour que la boîte ferme pendant 1 mois), enfants, adolescents (hum…en crise), devoirs (période où la mora adore surcharger, (à croire qu’elle n’a pas pessah à préparer), ménage de pessah, courses,
cashérisation, préparatifs culinaires (avec des enfants qui ont faim non-stop) …et comme chaque année, la même question me revient à l’esprit : comment je vais gérer tout ça ?Nous faisons toutes face à cette même question chaque année. Ça nous rend plus nerveuses de penser à tout ça, plus irritables.Avec un cerveau qui tourne déjà à cent à l’heure habituellement, lorsqu’on nous ajoute Pessah dans notre charge mentale, on est…comment dire…en surchauffe tout simplement ! On le sait toutes, on le ressent toutes.
Seulement, face à nous, nos maris qui eux aussi savent (oui je vous l’assure) que pessah arrive à grands pas, ne comprennent pas forcément notre stress du moment et le ménage à outrance que certaines fois nous nous imposons en dehors des exigences de la fête. Et là, les tensions peuvent commencer.
Elles peuvent commencer si en tant que femme, je n’ai pas, dans mon compte à rebours, pris en compte que je ne suis pas seule à gérer et organiser cette magnifique fête. Nous sommes d’abord un couple qui va préparer ensemble une fête de la Torah.
A l’image de deux associés dans une entreprise qui ont une mission commune de 30 jours pour organiser un évènement crucial qui permettra à leur société de s’agrandir, nous devons, mari et femme, devenir pendant cette période 2 associés qui vont mettre tout en œuvre pour que leur travail mutuel permette l’achèvement de cette mission : accueillir pessah unis et dans la joie.
Pour mener à bien cette mission, il nous faut un plan !
Tout d’abord, en tant que femme, il faut que j’accepte que mon mari, aussi dévoué soit-il, a un mal extrême à prendre des initiatives dans tout ce qui est du ressort de la maison et des préparatifs. Parce que ce n’est pas son terrain, parce que ce n’est pas naturel chez lui d’envisager tous les paramètres qui doivent être pris en compte pour arriver à la table de pessah avec la case « mission accomplie » cochée. Il faut donc que je sois en demande explicite auprès de lui.
Retenez bien, mesdames : « un homme ne fera jamais ce que vous attendez de lui si vous ne lui dites pas exactement ce que vous attendez de lui ». Donc les sous-entendus et les allusions, au placard svp ! On utilise la communication intelligente et des directives claires et précises pour solliciter nos messieurs !
Mais attention mesdames, il ne s’agit pas là de devenir le capitaine du bateau qui hurle à ses matelots des directives pour faire avancer le bateau. Nous sommes des coéquipiers qui apprennent à ramer avec la connaissance des atouts et des difficultés de l’autre. Donc, la première étape de ces 30 jours est bien de s’asseoir ensemble dans un moment calme afin, dans un premier temps, d’imaginer le pessah qu’on aimerait passer ensemble et ce qu’on n’aimerait pas qu’il arrive. Puis dans un second temps, de lister toutes les tâches à accomplir pendant ces 30 jours. On se les répartit avec des moments précis où cela devra être fait. On n’hésite pas à discuter des tâches qui pourraient être réalisées par les enfants. On se donne 4 semaines (pas moins pour ne pas augmenter le stress) pour réussir à faire le ménage de la maison, les courses, les préparatifs de la cuisine tout en gérant le quotidien. et surtout on prend une marge d’erreurs :
en théorie le ménage et les courses devraient être finis 4 jours avant la fête (pitié ne laissez pas les voitures à faire pour la veille de pessah !!)
Sur la même impulsion, il est très important que la femme exprime à son mari que le tri et le ménage supplémentaire qu’elle souhaite faire au même moment est important pour elle. Même s’il ne s’agit pas de ménage qui implique réellement l’élimination du hamets, cela contribue, pour elle, à sentir le nouveau départ que donne pessah. De son côté, la femme doit rester raisonnable : le but n’est pas que la maison brille pour pessah mais qu’elle, son mari et ses enfants brillent de joie le soir de pessah. Ainsi, chaque année, elle essayera de faire du rangement et du tri les mois qui précèdent pessah pour ne pas s’alourdir lorsque la charge est déjà grande en cette veille de fête.
Et maintenant, on s’y met !
De notre côté mesdames, lorsqu’on commence enfin à se mettre au travail, on essaye de ne pas devenir trop exigeantes envers nos maris. Souvenez-vous : le but est d’enlever le hamets pas la poussière. Alors peut-être que lui, n’a pas vos méthodes et votre expérience, vous pouvez le lui partager mais pas vous en servir pour l’oppresser. Comme tout être humain, nos maris seront motivés par nos remerciements et nos encouragements et non pas par nos critiques et nos exigences superflues.
Du côté des messieurs, il est important de penser et de réfléchir à ce qui pourrait soulager au maximum les épouses. Si les moyens le permettent, prendre une femme de ménage pour les parties difficiles comme la cuisine ou pour aider au ménage quotidien. Engager pour quelques après-midi une baby-sitter pour sortir les enfants ou les sortir soi-même dès qu’on en a la possibilité. Faire les devoirs, doucher les enfants, préparer un repas…même si, en général, ce ne sont pas les époux qui s’y collent, sachez que chaque petit geste est pour la femme une source de soutien intérieur énorme qui lui injecte force et courage pour poursuivre sa mission avec vous !
Ensemble, pensez toujours à vos prendre 15 min chaque jour pour partager un thé, un fruit, un gâteau et vous retrouver . On garde bien en tête que les 30 jours avant pessah sont là pour nous renforcer en tant que couple. N’hésitez pendant ces moments, à vous remercier, à vous complimenter et à vous exprimer votre amour. Au contraire, évitez toute critiques ou reproches, Cela jouerait en votre défaveur. Vous éloignerez émotionnellement votre conjoint et le démotiverait.
Et quand la gaffe arrive ?
En 30 jours, il est très possible que l’un ou l’autre des conjoints fassent une ou plusieurs gaffes :
tremper un appareil électronique dans l’eau (et qu’il repose en paix !), laisser tomber au fond du mikvé kélim une partie des couteaux de la nouvelle ménagère, avoir confondu javel et détachant sur sa chemise préférée…Il y aura probablement beaucoup d’occasions qui pourront nous faire dresser les cheveux sur la tête. Le danger est de donner trop d’importance à cette gaffe, ce qui créerait un froid dans le couple. Cumulé à la fatigue, la tension, les soucis, ce froid pourrait prendre de l’ampleur à l’intérieur même de notre couple et nous éloigner jusqu’à arriver le soir du seder blessés mutuellement. Ainsi, préparez-vous, il va y avoir des choses mal faites, il va y avoir des choses cassées, perdues ou abîmées. Mais ce qui est le plus important c’est que vous 2 vous ne vous cassiez pas.
Comment ? En accueillant avec humour les bêtises qui pourront arriver et en vous rappelant votre mission : se renforcer ensemble et vivre pessah dans la joie !
Et quand on a enfin fini, remercier concrètement !
Ça y’est, merci Hachem, le ménage est fini, les courses sont faites, les plats sont au congélateur, le seder prêt. Dans quelques heures les douces lumières de pessah rayonneront sur les murs immaculés…Le travail était dense mais cette année, main dans la main, psychologiquement et physiquement c’était plus facile…Il y a eu quelques tensions et quelques ratés mais comme nos esprits étaient unis dans un même but, nous avons réussis à passer outre. Ce qui va maintenant cimenter ce travail commun que nous avons fait durant un mois et qui a propulsé notre couple à un niveau plus élevé est de remercier concrètement.
Dès le début de ces 30 jours, réfléchissez à un cadeau pour votre conjoint et achetez-le rapidement.
Pour l’homme c’est une mitsva de la Torah d’offrir un cadeau, un parfum, une tenue…à sa femme pour la réjouir. Et il est extrêmement important qu’il prenne soin d’accomplir cette mitsva même si elle lui assure n’avoir besoin de rien car lorsque la femme reçoit ce présent, elle perçoit l’amour et la reconnaissance de son mari pour toute cette période de préparatifs.
Pour la femme, bien qu’aucune obligation ne lui a été donnée, il est important qu’elle pense à acheter quelque chose de spécial pour son mari afin d’augmenter la joie dans leur cœur.
Hana portait fièrement la broche qu’Eytan lui avait offert juste avant la fête tandis qu’il arrangeait cette belle cravate qu’elle lui avait acheté pour l’occasion. Le soir, au kiddouch, ils se regardèrent les yeux brillants en se disant par la pensée « Ensemble, on a réussi et on est devenu plus forts ! ».
Hag sameah,
Yehoudit Lahmi – Madrikhat Kala
