Choisissons la vie !

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Prisonniers de son cœur

En rangeant les courses que son mari Eytan lui avait fait la veille au soir directement après le travail, Noémie sentait la colère monter.

Combien de fois lui avait-elle répété d’acheter des spaghettis et avait-il ramené des cannellonis ? Pourquoi avait-il acheté un seul gel douche alors qu’il y avait écrit noir sur blanc « 3 gels douches » sur la liste ?

Et les tomates qu’elle lui avait demandés 100 fois de ne pas fourrer au fond du sac sous le reste des courses, qu’allait-elle en faire à part du jus de tomate !

Ça y’est !

En enclenchant ce système de pensée, Noémie devint, à présent, prisonnière de sa rancune. Chaque article qu’il avait acheté devint imparfait. Pire !

Ses pensées n’envahissaient pas seulement son cœur mais chaque aspect de sa journée : « et puis, tu crois qu’il va appeler pour demander des nouvelles de la petite qui est fiévreuse depuis hier ? Jamais », « voilà, encore une contravention et je te parie que c’est sa voiture ! Bingo ! ».

Une pensée après l’autre et déjà la fin de la journée arriva. Perdue dans ses sombres pensées, Noémie entendit la porte s’ouvrir. « Salut tout le monde ! » et puis les cris de joie des enfants qui couraient « Papa, Pa-pa ! ».  « Ah tu vas mieux ma poupée, tu n’as plus de fièvre, lança-t-il à la petite Efrat ». « Où est maman ? »

Et là, il se retrouva nez à nez avec une Noémie décomposée.

Il faut dire que les pensées obscures qui l’avait travaillées toute la journée, lui avait par le même coup rongé la mine. « Tout va bien chérie ? Tu m’as l’air stressé ? »

Aryeh avait eu une rude journée de travail. Il avait dû essayer de contenter tellement de clients en usant de toutes les plus agréables paroles qu’un homme pourrait imaginer ! Vraiment, il ne souhaitait qu’une seule chose : rentrer à la maison, se poser, regarder les enfants jouaient gentiment dans sa spacieuse salle à manger devant un bon petit repas comme sa femme Chirly savait si bien préparer ! Ses rêves furent vite envolés lorsque depuis le rez-de-chaussée, il entendit ses enfants se disputer avec virulence…Où était donc Chirly ??  En entrant (ça ne sentait pas un peu le brulé ?), il fut surpris de la retrouver assise sur le canapé à regarder dans le vague comme si elle n’entendait pas ses enfants crier ! Mais, le pire était qu’un désordre impossible régnait dans la salle à manger : des habits et des chaussures par terre (et oh ! une couche sale !) des restes de gouter un peu sur la table basse, un peu sur le sol (en passant par le canapé !), des puzzles et des jeux éparpillés (et oups, du feutre sur le mur !). « Mais Chirly, qu’est-ce qu’il se passe ici ??!!! »

Au moment crucial, à toi de jouer !

Noémie et Aryeh, tout comme chacune et chacun d’entre nous, sont confrontés à différentes situations qu’on appelle une épreuve de couple. Ces épreuves parsèment notre quotidien dans un seul but : donner accès à notre couple à un niveau plus grand de proximité et d’attachement. Cependant, pour accéder à ce niveau, il faut passer par l’épreuve ! Pour chacune de ces 2 anecdotes, l’instant où le récit s’arrête est le moment crucial. C’est comme si celui qui écrivait la scène vous donnez le micro en vous disant « à toi de jouer !». A cet instant, on place devant vous une balance où 2 choix vous sont possibles : soit de vous enfermez dans ce que vos yeux voient et dans ce que votre cœur ressent et ainsi d’éjecter de votre vie celui qui la partage ; soit d’utiliser votre cerveau pour comprendre l’autre et/ou le soutenir. Ici, c’est un véritable choix entre la vie et la mort qui est fait ! Car les paroles qui vont être dites les secondes qui suivent, vont soit rapprocher les époux soit les éloigner. De surcroît, ces paroles enclencheront un système de réaction en chaine bonnes ou mauvaises. En effet, en montrant à l’autre qu’on le juge toujours favorablement ou qu’on accepte ses failles, en l’épaulant dans des moments difficiles, épreuve après épreuve, ils vont serrer davantage le nœud affectif qui les relie. A l’inverse, en restant braquer sur ses impressions, ses besoins et ses principes, en envoyant des paroles spontanées et piquantes « juste pour se soulager », le couple en sortira de plus en plus ronger jusqu’à que, D.ieu préserve, il n’y ait plus de connexion entre eux.

Le choix de couper la corde

Noémie éclate : « Stressée ?! Mais comment pourront-on ne pas l’être quand on dresse une liste explicite pour se retrouver exactement avec ce qu’on n’a pas demandé !! et que tu ne donnes pas du tout de nouvelles ! et que tu ne fais jamais attention quand tu roules ? et… ! » et la guerre commence ! « Tu as toujours quelque chose à redire et en plus devant les enfants ! » rétorque Eytan.

La corde s’effiloche de plus en plus depuis…depuis que Noémie a décidé que les cannellonis seront le point noir qui ternirait sa feuille blanche. Une feuille magnifique où un mari adorable ne refuse pas de courir directement après une journée de travail, faire 3 heures de courses à l’heure où il y ‘a un monde fou dans les grandes surfaces. Un mari qui n’avait pas voulu déranger sa femme en lui demandant quoi prendre à la place des spaghettis puisque l’étalage était vide. Un mari qui s’est pressé et a fourré bêtement les tomates au fond du cadis…Et cette corde a continué à se détériorer lorsque Eytan, vexé, à continuer la guerre. Sur la balance, à présent, l’envie de se défouler a fait basculer l’importance du couple.

Chirly éclate en sanglots : « Je n’en peux plus ». « Mais je ne comprends pas de quoi tu es fatigué, commença Aryeh, tu es à la maison toute la journée et vraisemblablement tu n’y as rien fait ! Limite, tu laissais tes enfants s’assommer si je n’étais pas arrivée ! ».

Chirly a un hoquet de surprise, elle se lève et se dirige vers la chambre. La corde s’est coupée. Et ceci a commencé à partir du moment où Aryeh a décidé de ne voir que sa dure journée et la maison retournée sans envisager ce que Chirly avait vécu aujourd’hui. Sur la balance, le décor et l’égo ont contrebalancé avec l’importance de soutenir son conjoint en toutes circonstances.

Face à ce genre de situation, on ne va pas se mentir, nous sommes tous tombé dans le piège. Néanmoins, une fois que la corde est coupée, peut-on encore se lier ? Est-ce qu’une fois qu’on est tombé, il n’y a plus moyen de désamorcer cette spirale infernale ?

Le choix de la vie, la force de Elloul

Voici, la force qu’Hachem a placé en chacun de nous. Cette force s’appelle Elloul. En chacun de nous et en chaque couple il existe cette force de faire le bilan, de garder les bonnes habitudes et de repartir à 0. De choisir de ne pas rester bloqué dans des mauvaises façons d’agir mais de s’en servir pour s’améliorer pas à pas. Cela s’appelle le choix de la vie. Le choix de la vie ensemble. Un choix qui demande à la fois un travail personnel et à la fois en partenariat avec son époux. Un choix où on progresse parfois en régressant, parfois en se faisant un peu violence, parfois de manière épatante ! Un choix qui demande de ne pas faire de liens entre chaque négligence de son conjoint mais d’isoler chaque faux pas. A chaque épreuve de mon couple, je dois vouloir devenir cette héroïne qui sauve son couple par un bon jugement, un reproche construit et sans amertume, une envie de soutenir l’autre. Et je dois reconnaitre que parfois je n’y suis pas arrivée, pour y arriver la prochaine fois.

Gomme et réécris !

Ainsi, gommons les mauvaises réactions et réécrivons notre article !

Noémie regarde les cannellonis en rigolant : « ok ! J’ai compris le message ! Mon gentil mari qui court me faire des courses sans broncher après le travail, veut que je lui prépare des bonnes pâtes en récompense ! Allez ! Je m’y mets ! ». Quand arrive le soir, Eytan rentre agréablement surpris : « ça sent tellement bon ! c’étaient bien les courses ?» « Super, merci de m’avoir évité cette fatigue ! » lança Noémie en lui posant une belle assiette devant lui.

Qu’a fait Noémie ?

  • Elle a pris la situation avec humour pour désamorcer les idées noires qui viennent les unes à la suite des autres.
  • Elle a reconnu la grande bonté de son mari qui dans la balance vaut bien plus qu’un paquet de pâtes !
  • Elle a fait un acte de don envers son mari pour entretenir et créer davantage d’amour.
  • Elle a félicité son mari pour l’encourager à continuer à l’aider.
  • Elle a gardé en tête cependant de lui repréciser ce qu’elle souhaitait initialement (peut-être envoyant une photo du paquet) lors des prochaines courses.
  • Elle a passé l’épreuve : leur lien est renforcé.

Aryeh regarde sa femme en pleurs, son cœur s’attendrit. Il se rappelle que, ce matin, elle a dû emmener les 5 enfants chez le dentiste pour soigner d’urgence une grosse carie à l’un d’entre eux. Elle s’est levée plus tôt pour préparer des sandwichs pour pique-niquer au parc juste après comme récompense pour ceux qui se seraient bien tenus chez le médecin. C’est une maman merveilleuse…sa journée n’a pas dû se passer comme elle le voulait. « Chirly, j’ai l’impression que ta journée ne s’est pas passée comme tu le souhaitais. Allez, calme-toi ! Dis-moi dans l’ordre ce que je dois faire pour t’aider et ensuite tu iras prendre un peu de temps pour toi. » Chirly sourit entre 2 sanglots : « Merci de me comprendre ».

Qu’a fait Aryeh ?

  • Il a balayé sa fatigue et le décor pour se concentrer essentiellement sur la journée éprouvante de sa femme.
  • En faisant cela, il lui a montré combien il lui était reconnaissant de tout ce qu’elle faisait.
  • Il a accueilli la vulnérabilité de sa femme et a construit un peu plus son amour inconditionnel.
  • Il lui a dit des paroles de soutien.
  • En proposant son aide immédiate et son souhait qu’elle se détende, il a fait un acte pour renforcer son amour et la soutenir.
  • Il a passé l’épreuve : leur solidarité et leur amour en sortent renforcés.

Toi aussi, chère lectrice, tu peux gommer les mauvaises expériences et réécrire une nouvelle page pour la nouvelle année !

Pour cela, à chaque fois que tu feras face à « une épreuve couple », retiens 5 éléments essentiels :

  • Ne te laisse pas envahir par les mauvaises pensées. Désamorce-les avec un peu d’humour.
  • Juge favorablement ton mari que tu aimes. Il est ton ami, non pas ton ennemi.
  • Fais tout de suite un acte de don envers lui (compliment, remerciement, repas, attentions…)
  • Garde en tête de lui parler de ce problème à un moment calme.
  • Au moment crucial : choisis la vie !

Yéhoudit Lahmi

Madrikhat Kala

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