"Car l'homme est comme l'arbre des champs" ou la force tranquille

amandier

En préparant cet article du mois de Chevat, Hachem m’a offert un cadeau: la lecture d’un article passionnant sur la végétation ! 

 

A partir de ses observations sur le développement des végétaux, Olivier Hamant, un chercheur biologiste français a mis en avant le concept de robustesse qu’il oppose au concept de performance. Il a pu constater que l’optimisation maximale n’a pas été choisie par Hachem pour les plantes. Celles-ci, plutôt que d’etre dans une logique de performance afin de se développer, vont plutôt être dans une trajectoire moins optimale, faite de lenteurs, de délais, d’erreurs. *Elles développent en réalité des caractéristiques d’adaptation, d’adaptabilité, de souplesse face aux aléas de l’environnement, aux difficultés qui se présentent quotidiennement*. Les contre-performances du vegetal révèlent en réalité leur force et leur stabilité, leur robustesse.

A titre d’exemple, il explique qu’afin de profiter un maximum de l’énergie solaire (essentielle à la photosynthèse), les plantes auraient dû être noires (comme les panneaux solaires). Or, elles sont vertes. Cette couleur qui n’absorbe qu’une partie des rayons lumineux ne permet pas un rendement optimal. Il y a un gaspillage énorme d’énergie solaire. Cette sous optimisation cache en réalité une stratégie merveilleuse des plantes leur permettant de résister aux pics de luminosité. En n’absorbant pas toute l’énergie lumineuse, elles évitent la surchauffe et les dommages liés à l’excès. *Ce qui semble être une perte de rendement est en réalité un choix de stabilité et de survie dans la durée*. La plante ne cherche pas la performance immédiate, mais la robustesse face aux aléas.Les exemples sont nombreux.

 

*Ce concept de robustesse vs performance m’a rendue songeuse…*

 

* »כי האדם עץ השדה « *

L’homme est comparé à l’arbre. A travers ce que l’on apprend sur l’arbre, des enseignements de taille sont à prendre pour nous…

 

Le monde actuel nous intime la performance et cela sous tous les aspects : avoir une maison tip top, être mince, travailler beaucoup, être sans cesse productive, etc. Où sont le repos, le rythme doux, la prévention, la protection, le regard humble et juste sur nos limites, les limites de ceux qui nous entourent,… Les performances s’étalent aux yeux de tous et nourrissent un mal être énorme au sein de notre société. Elles s’infiltrent dans nos failles ou blessures et nous font croire que par elles nous pourrons les combler. Elles ne réparent rien mais nous entraînent dans une course effrénée épuisante dont les victoires sont éphémères.

 

Nourrir le seul objectif de performance rend plus vulnérable: toutes les ressources sont mises à contribution, l’échec est très mal vécu, le regard d’autrui devient essentiel, les autres objectifs tels que le chalom bayit, la protection de notre santé physique et mentale sont relégués au second plan voire oubliés, etc.

 

Privilégier la stabilité, souvent moins glorieuse et éblouissante permet la sérénité. Elle créée l’adaptation par le retrait parfois, les silences, des espaces de reconnaissance de nos limites. Finalement, elle crée des espaces porteurs pour autrui, son avis, ses besoins et pour plus de Emouna. Il ne s’agit pas de ma force, mon contrôle, mon hyper vigilance. Tout ne dépend pas de moi, je ne m’épuise pas. J’avance avec aisance et confiance en Hachem.

 

En ce mois de Chevat, les arbres nous invitent à plus de sagesse et d’humilité, à apprécier la place chérie qu’Hachem a prévu pour chacune, à nous protéger des mécanismes de surenchère qui nous entourent à foison, à choisir la souplesse, la stabilité, la force tranquille pour servir Hachem le cœur en paix et en joie.

 

Sarah Lahmi