Le mois de AV
- 30/07/2025
Le mois est Av est un mois particulièrement fort, plein de contrastes. La tristesse profonde liée à la Ché’hina qui s’est éloignée laissant flammes et désespoir côtoie un espoir merveilleux de rédemption finale, la Guéoula. Au plus profond de l’obscurité se cache la promesse d’une lumière éblouissante, la venue du Machia’h.
Un verset de Yeshaya Hanavi décrit la promesse d’Hachem au temps de Machia’h. Toute souffrance morale et physique disparaîtront.
ישעיהו כ »ה ח׳
בִּלַּע הַמָּוֶת לָנֶצַח, וּמָחָה ה’ דִּמְעָה מֵעַל כָּל-פָּנִים; וְחֶרְפַּת עַמּוֹ יָסִיר מֵעַל כָּל-הָאָרֶץ, כִּי ה’ דִּבֵּר.
« La mort sera engloutie à jamais, et Hachem essuiera les larmes de tous les visages ; Il enlèvera l’opprobre de Son peuple de toute la terre, car c’est Hachem qui a parlé. »
Le Arizal, sur le mot דמעה, larme, écrit qu’il a la même valeur numérique que le mot מועד, fête, moment de joie par excellence. Il explique que toutes les larmes liées à la souffrance, la tristesse, les difficultés seront transformées, au temps de Machia’h, en joie, en bonheur. Les מפרשים sont pourtant étonnés: le mot דמעה n’a pas la même valeur numérique que le mot מועד… L’un fait 119, l’autre 120… Comment le Arizal peut il avancer cela?
Ils nous expliquent alors: il y a une façon d’établir un parallèle entre deux valeurs numériques de mots en y ajoutant le כולל d’un des deux, c’est à dire l’entièreté du mot (un mot: 1). Ainsi מועד de valeur numérique 120 a la même valeur numérique que דמעה de valeur numérique 119 à qui le כולל (la valeur du mot: 1) a été rajouté. Vous me suivez?
Cela reste étonnant. Pourquoi cet arrangement ? Ne pas comparer ces deux mots aurait été plus simple et juste, non?
Le rabbi de Loubavitch explique qu’une דמעה est l’expression humaine d’une tristesse, d’une souffrance. Elle ne peut être comparée aux émotions liées à une fête, un מועד où tous les visages sont radieux, lumineux. Pourtant, si l’être humain pouvait se hisser et avoir une vision entière du projet d’Hachem du début de la création du monde jusqu’à la fin des temps, alors ses larmes pourront d’un coup s’assécher, il serait apaisé. Les êtres humains ressentiraient par cette vision entière une compréhension qui découlerait sur une joie profonde. Tout deviendrait clair, limpide et compréhensible. Cette vision entière est soulignée par la vision qu’apporte le כולל, cette façon d’inclure l’entièreté du mot.
Ainsi le mot larme, דמעה, doté du כולל, de cette vision globale, immense et entière, a la même valeur numérique que le mot מועד, un temps de joie profonde.
Que puissent très rapidement, au son du grand Choffar, s’assécher toutes les larmes et les sourires se déposer sur tous les visages du Klal Israël !
Sarah Braha Lahmi: Texte inspiré par un Chiour de Rav Y.Y. Yakobson

