Quand nos enfants vivent des émotions difficiles – Et que nous, parents, faisons de notre mieux pour rester patients
- 30/12/2025
Ce soir, Levy rentre en courant dans la cuisine, les joues rouges, les yeux remplis de colère.
Sa tour de Kapla vient de s’écrouler.
« C’est soûlant ! J’y arriverai jamais ! »
Il hurle, il s’énerve, son petit monde s’effondre… en même temps que la tour.
Et sa maman… retient son souffle.
Elle voulait juste finir le repas en paix, elle avait déjà eu une journée bien trop longue, et voilà que ça recommence.
Elle ferme les yeux. Une seconde. Respire…
Et sent monter en elle ces autres sentiments : l’impatience, l’agacement…
« Une telle crise pour une tour de legos… pourquoi réagir comme ça ? Pourquoi tout prend une telle proportion »
Et parfois, malgré tous les livres, toutes les bonnes intentions, toutes les promesses qu’on se fait… la fatigue gagne.
Le ton monte. Le regard se ferme.
Puis les regrets. Encore une fois.
On aimerait tellement être le parent qui apaise, qui accueille, qui comprend.
Mais dans le tourbillon du quotidien — travail, courses, rendez-vous, devoirs, bains, couchers — on reste humains.
Et si le vrai défi n’était pas d’éviter la crise, mais d’apprendre à accompagner l’émotion ?
On croit souvent que notre rôle est de calmer.
De rationaliser. De minimiser.
« Ce n’est pas grave. On va refaire »
« Arrête de pleurer. Les garçons sont forts »
« Tu exagères. C’est rien »
Mais pour un enfant, chaque émotion est un tsunami intérieur. Personne ne lui a appris à naviguer dans la vague encore.
Les émotions difficiles ne sont pas un problème à résoudre, mais un message à entendre.
La frustration du matin parce que le manteau “ne ferme pas bien”.
Les larmes du soir parce que le verre est “trop rempli”.
La colère immense pour un Lego introuvable.
Ce ne sont pas des caprices.
C’est simplement un cerveau immature qui tente de gérer comme il peut.
Quand nos enfants vivent des émotions difficiles, ils ne cherchent pas à nous provoquer.
Ils cherchent un repère. Une présence.
Ce qui se passe dans son cerveau quand l’émotion déborde
Quand un enfant vit une émotion, son cerveau n’est pas équipé pour gérer seul ce qu’il ressent.
La partie du cerveau qui aide à réfléchir, à relativiser, à freiner les impulsions est encore en pleine construction.
C’est comme lui demander de freiner… alors que les freins ne sont pas encore installés.
Le cortisol, l’hormone du stress, augmente : Son cœur bat plus vite, son corps s’agite, sa voix monte.
Non pas parce qu’il “exagère”, mais parce que son cerveau dit : « Danger ! Je n’y arrive pas ! »
L’ocytocine, elle, est l’hormone du lien, du calme, de la sécurité.
Or un enfant ne peut pas s’en fabriquer assez tout seul. Il a besoin du parent pour retrouver cet apaisement intérieur.
Ce sont nos bras, notre voix, notre présence qui calment.
Ce n’est pas qu’il ne veut pas se calmer… c’est qu’il ne peut pas.
Quand le parent l’aide à réguler.
- Respirer avant de répondre
L’émotion de l’enfant appelle l’émotion du parent. Si on est calme, on peut calmer.
Un instant de respiration peut tout changer.
« Je suis là. On respire ensemble. »
- Valider ce qu’il ressent
Pas besoin d’être d’accord.
Juste reconnaître :
« Tu es vraiment en colère. C’est dur, hein ? »
C’est fou ce que ces mots apaisent.
- Décrire ce que vous voyez
« Ta tour est tombée. Tu avais travaillé longtemps dessus. C’est normal d’être déçu. »
- S’autoriser à ne pas être parfait
Oui, vous allez perdre patience.
Oui, vous allez crier parfois.
Oui, il y aura des soirs où vous n’aurez plus d’énergie.
Ce n’est pas un échec.
Ce que nos enfants retiendront, ce ne sont pas nos erreurs. Ce sont nos réparations : « Je suis désolée d’avoir crié. Je t’aime même quand c’est difficile. »
sécurité, confiance… et la relation.
Accompagner les émotions difficiles, c’est accepter que les nôtres existent aussi.
Autorisez les à vivre pleinement leurs émotions… en leur donnant le cadre pour les exprimer sans débordement.
Et dans cet apprentissage mutuel, chacun grandit.
