Une rentrée pas comme les autres

lifestyl

Cette année, la rentrée a un drôle de goût.

Roch Hodech Elloul arrive alors que nous sommes encore en plein mois d’août. Il fait chaud, certaines familles sont encore en vacances, les valises ne sont pas toutes défaites et, dans nos têtes, septembre paraît encore loin.

Et pourtant, quelque chose commence déjà.

Pour beaucoup de familles, les semaines qui arrivent ne ressembleront d’ailleurs pas à une rentrée bien nette, avec un jour précis où tout reprendrait sa place.

Il y aura plusieurs rentrées.

Celle des petits, puis celle des grands.
Les écoles qui reprennent à des dates différentes.
Les garçons qui retournent à la yéchiva, les filles qui reprennent leurs études.
Ceux qui partent étudier loin de la maison, parfois à l’étranger, avec les valises à préparer et ce mélange si particulier de fierté, d’excitation et de pincement au cœur.

Et puis il y a nos propres rentrées.

Un nouveau travail. Un changement de poste. Un déménagement. Une nouvelle ville. De nouveaux horaires. Une organisation familiale à réinventer. Parfois simplement le retour à une routine que l’on avait complètement oubliée pendant l’été.

Tout ne recommence pas le même lundi matin.

Cette année encore moins que d’habitude.

Entre deux saisons

Il y a quelque chose d’étrange dans ces semaines où deux atmosphères cohabitent.

Les journées ressemblent encore à l’été, mais les listes commencent déjà à s’allonger.

On achète les dernières fournitures avec des sandales aux pieds. On réfléchit aux horaires de rentrée alors que les enfants ont encore envie de se coucher tard. On prépare un départ en yéchiva entre deux lessives de vacances.

Et dans tout cela, les fêtes de Tichri ne sont déjà plus très loin.

Habituellement, septembre porte naturellement cette sensation de nouveau départ. Les cahiers sont neufs, les agendas se remplissent, les emplois du temps changent et l’on retrouve cette envie familière de repartir sur de bonnes bases.

Dans nos vies juives, cette impression est encore plus forte.

Car notre rentrée ne s’arrête pas à septembre.

Elle nous conduit vers Roch Hachana.

Toutes ces petites adaptations invisibles

Une rentrée ne consiste pas seulement à acheter des fournitures et à remettre le réveil.

C’est tout un équilibre qui doit retrouver sa place.

Qui part à quelle heure ? Qui rentre quand ? Comment organise-t-on les repas ? Les devoirs ? Les trajets ? Les préparatifs de Chabbat ?

Et lorsque quelque chose de plus important change — une école, un travail, une maison, une ville, un pays — il faut parfois du temps avant que le quotidien redevienne naturel.

Nous avons tendance à vouloir que tout fonctionne immédiatement.

Que chacun trouve son rythme. Que la maison soit organisée. Que les nouvelles habitudes soient installées. Que nous soyons déjà efficaces alors que nous sommes encore en train de nous adapter.

Mais une transition reste une transition.

On peut avoir choisi un changement et avoir besoin de temps pour s’y habituer.

On peut être heureuse qu’un enfant parte étudier et trouver la maison étrangement silencieuse.

On peut être enthousiaste devant un nouveau travail et rentrer épuisée les premières semaines.

On peut être reconnaissante pour une nouvelle maison tout en cherchant encore machinalement un objet dans l’ancien placard.

Il faut parfois accepter cette petite période d’entre-deux.

Et au milieu de tout cela, Elloul

C’est peut-être ce qui rend cette période si particulière cette année.

Alors que notre quotidien commence à bouger, Elloul nous invite lui aussi à nous préparer à un nouveau départ.

Pas exactement celui des cartables et des emplois du temps.

Un autre.

Plus intérieur.

Nous avançons progressivement vers Roch Hachana, et cette période peut devenir l’occasion de regarder non seulement comment nous voulons organiser notre nouvelle année, mais aussi comment nous voulons la vivre.

Avec quoi avons-nous envie de repartir ?

Qu’aimerions-nous préserver de l’année écoulée ?

Qu’est-ce qui mérite davantage de place ?

Et qu’est-ce qui, au contraire, pourrait en prendre un peu moins ?

Il n’est pas nécessaire d’avoir immédiatement toutes les réponses.

Une rentrée qui peut prendre son temps

Peut-être pouvons-nous donc vivre cette rentrée différemment.

Sans attendre que tout soit parfaitement en place dès la première semaine.

Laisser aux enfants le temps de retrouver leur rythme.
Laisser à ceux qui partent le temps de trouver leurs repères.
Laisser à une nouvelle organisation familiale le temps de fonctionner.
Et nous laisser, à nous aussi, le droit de tâtonner un peu.

Parce qu’entre la fin des vacances, Elloul, septembre et l’approche des fêtes, beaucoup de choses vont se remettre en mouvement en très peu de temps.

Tout n’a pas besoin de commencer parfaitement.

Une nouvelle année se construit aussi comme cela : progressivement, au fil des journées, des ajustements et des petites décisions.

Alors cette année, plutôt que de chercher à réussir notre rentrée, nous pourrions simplement essayer de l’habiter.

Avec ses changements, ses départs, ses nouveaux repères et ses imprévus.

Et profiter de cette période si particulière pour nous demander, doucement :

dans cette nouvelle année qui commence à se dessiner, quelle place ai-je envie de donner à ce qui compte vraiment ?

 

Tips pratiques — L’été à mini budget

Créer l’ambiance chez soi Fleurs fraîches, draps propres, repas pris dehors, bougie le soir — changer quelque chose de visible pour marquer le changement de saison.

Les sorties gratuites ou presque Parcs, jardins, bibliothèques, musées en entrée libre, animations mairie, jeux en plein air — cherchez le programme de votre ville et alentours.

La journée à la journée Une forêt, un lac, une ville voisine — le dépaysement n’a pas besoin d’être lointain.

Les journées thématiques à la maison Journée cuisine, journée cinéma, journée créative — les enfants adorent et s’en souviennent longtemps.

Changer sa routine matinale Lever plus tardif, café tranquille, téléphone éteint le matin — dix minutes suffisent à changer l’ambiance de toute la journée.

S’habiller pour soi La tenue d’été qu’on aime — même à la maison. Ça change le regard qu’on pose sur sa journée.