Chavouot à table : beau, oui. Parfait ? Pas besoin
- 23/05/2025
À l’approche de Chavouot, les maisons se remplissent de fleurs. Pas seulement pour faire joli, mais pour rappeler que le mont Sinaï s’est couvert de verdure et de fleurs pour accueillir ce moment unique.
Depuis, les fleurs sont devenues un symbole de Chavouot. Elles ne sont pas là pour impressionner. Elles sont là pour honorer, pour embellir, pour dire, en silence : “Ceci est un moment important.”
Ces fleurs ont une dimension encore plus profonde : Chavouot est souvent décrit comme le mariage entre le peuple juif et la Torah. Le mont Sinaï devient donc la houppa et la Torah la ketouba. Et comme dans tout mariage, les fleurs sont là — signes de beauté, de joie, mais aussi d’engagement. Ce n’est pas un décor : c’est un langage d’amour et de respect.
Mais recevoir – que ce soit pour Chavouot, pour Chabbat ou à tout autre moment – n’a jamais été une question de perfection. Trop souvent, on se met la pression : nappe sans pli, vaisselle assortie, couverts alignés au millimètre près etc… Et si on relâchait un peu ? Si on se rappelait que ce qui touche vraiment, ce n’est pas la table parfaite, mais l’intention derrière nos gestes ?
Un bouquet unique, acheté ou cueilli simplement, peut suffire à apporter de la vie. Pas besoin de compositions élaborées : quelques fleurs dans un vase sur un coin de table ou à l’entrée, et déjà, l’ambiance change.
De même, une jolie serviette pliée avec soin, un brin de verdure, des serviettes colorées, ces détails font toute la différence, sans se compliquer la vie.
Vos invités dorment à la maison ? Là aussi, la simplicité suffit. Une bouteille d’eau dans leur chambre, un petit mot d’accueil laissé sur la table de nuit, une lampe allumée à leur arrivée, un petit chocolat, une serviette bien pliée… Rien de spectaculaire, mais tout est dans l’attention. Dans cette phrase silencieuse que chaque détail murmure : “Je suis heureuse que tu sois là.”
Recevoir, c’est offrir un peu de soi. Offrir du temps, de la pensée, une forme de douceur. C’est faire de la place — pas seulement autour de la table, mais dans son cœur.
Chavouot nous rappelle que ce qui est beau n’a pas besoin d’être compliqué. Que ce qui est sacré peut aussi être simple. Et que la plus belle table, c’est celle qui fait sentir à chacune qu’elle est à sa place.
Keren Bouzaglo
