Rencontre avec Annaelle Hayoun

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À l’aube des Yamim Noraïm, j’ai eu le plaisir de rencontrer Anaëlle Hayoun, coach et conférencière, une femme inspirante qui accompagne les femmes dans leur quotidien, leur maternité et leur chemin spirituel. Avec douceur et authenticité, elle partage son expérience, ses découvertes et ses outils pour vivre pleinement chaque moment, trouver l’équilibre entre vie personnelle, familiale et spirituelle, et se reconnecter à Hakadosh Barouh Hou. Dans cette interview, Anaëlle nous ouvre son cœur et nous offre des conseils précieux pour aborder la nouvelle année avec sérénité, joie et confiance en soi.

 

Peux-tu te présenter à nos lectrices pour celles qui ne te connaissent pas ? Quel a été ton parcours et qu’est-ce qui t’a poussée à devenir coach ?

Je me suis mariée assez jeune, à 19 ans, et j’ai eu mon premier enfant à 20 ans. J’ai commencé à enseigner dès mes 19 ans, après mon passage au séminaire de Mme Kohn à Marseille.

Je viens de Sarcelles, d’une famille plutôt traditionnelle. Quand j’avais 7 ans, la Rabbanit Paperman a ouvert son école, et j’ai eu la chance d’être sa toute première élève ! Mes parents n’étaient pas encore religieux à l’époque, mais moi, je voulais absolument aller au Beth Yaakov.

Je me souviens que lorsque Mme Paperman a montré le règlement de l’école à ma mère, elle lui a répondu : « Nous, on n’est pas Beth Yaakov, mais ma fille est Beth Yaakov. Et pour elle, on fera ce qu’il faut. » Ce n’était pas seulement des mots : ils ont vraiment appliqué ce qu’ils signaient. Pour moi, ça a été un exemple d’intégrité et d’authenticité très fort. Petit à petit, mes parents ont eux aussi évolué et progressé.

Après le Beth Yaakov, j’ai étudié à l’école du Rav Franck ל’’וז  puis au séminaire de Marseille où j’ai passé deux années précieuses. J’ai ensuite enseigné au Beth Yaakov et à Ozar Hatorah, en commençant très jeune. J’adorais ça !

 

Un jour, alors que j’enseignais le Kodesh en CM1/CM2, la directrice du Gan est venue me voir affolée : le professeur de musique faisait chanter aux enfants « Petit Papa Noël » ! Elle m’a dit : « Anaëlle, à partir de maintenant, c’est toi qui feras l’éveil musical. » Je me suis donc retrouvée à enseigner le Kodesh et la musique en parallèle. J’ai même suivi une formation en Israël pour ça, et j’ai adoré.

Mais après la naissance de mon cinquième enfant, j’ai traversé une remise en question. L’accouchement a été difficile et je me suis dit : « Pourquoi mon corps m’a lâchée ? » Puis j’ai compris que ce n’était pas mon corps qui m’avait lâchée, mais moi qui m’étais oubliée depuis des années. Je manquais de joie de vivre, je voulais être la mère parfaite, mais je m’étais perdue dans ce rôle.
C’est là que je me suis inscrite à l’école de coaching de David Lefrançois (INA). Pour la certification, il fallait rédiger un mémoire. J’ai choisi un sujet qui me tenait à cœur : le coaching au service des mamans.
Au départ, je me disais : « Ce n’est pas grand-chose, ce sont juste des mamans… » Mais j’ai réalisé que les mamans, ce sont elles le fondement de l’humanité, les piliers de la transmission. Et c’est ainsi que tout a commencé.

Comment la Torah a-t-elle façonné cette aventure et comment intervient-elle dans tes coachings ?

On a un tableau à la maison que j’avais acheté dans un bazar, et dessus il y a une phrase  c’est : « faire ce que l’on aime », mais avec la vision de la Torah, c’est plutôt : « apprendre à aimer ce que l’on fait ».

Tu dois apprendre à aimer ce que tu fais et ne pas faire uniquement ce que tu aimes. Et c’est là la différence où il faut faire attention avec le coaching et la vision de la Torah. Très souvent, il y a beaucoup de coachs qui sont contradictoires et je peux comprendre pourquoi. Je n’ai pas eu l’enseignement en coaching qui dit : « tu ne penses qu’à toi et le reste, tu l’envoies balader », ou alors je n’ai pas pris ça parce que, b’’h, j’avais de la Torah avant et j’ai su faire l’équilibre entre les deux.
C’est pour ça que c’est important d’aller voir quelqu’un qui a de la Torah.

Pour ma part, même quand je coach des goyim, je leur parle du fait qu’ils font partie d’un tout. C’est un équilibre à avoir entre sa vie personnelle et ceux qui nous entourent, de savoir où j’en suis dans cet équilibre. C’est important de se remplir et de prendre des forces, mais la différence entre le coaching d’un Juif et d’un goy, c’est qu’un Ben Israël, quand il se remplit, c’est pour pouvoir redistribuer.

 

D’où est venu ton slogan « parfaitement imparfaite » ? Et que signifie-t-il concrètement ?

Le coaching au service des mamans.

Mon mémoire, c’était des ateliers pour coacher les mamans avec pour titre « Parfaitement imparfaite ». Pourquoi « parfaitement imparfaite » ? Parce qu’en tant que maman, on a toutes ce syndrome de « la maman parfaite ». C’est-à-dire que l’on va s’épuiser pour être parfaite à tous les niveaux. Mais la perfection appartient uniquement à Hakadosh Barouh Hou.

Donc on va être là pour vouloir être « the best » selon des critères, mais on ne sait pas forcément lesquels. Quand je coache, je leur demande de voir quelles sont leurs valeurs personnelles à elles, ce qui les anime. Souvent, quand je leur demande « qu’est-ce que tu aimes », elles ne savent pas. Et là, c’est l’extrême de donner à l’autre en s’oubliant soi.

Parfaitement imparfaite, c’est la différence entre la bienveillance et l’autocomplaisance. Apprendre à être parfaitement imparfaite, c’est apprendre à être bienveillante envers soi, mais cela ne veut pas dire rester là où j’en suis. Je connais mon idéal, je sais que je veux évoluer, mais là je sais que je fais le meilleur avec ce que j’ai. J’apprends à m’aimer comme je suis au moment présent. Et c’est souvent un point avec lequel on a beaucoup de mal.

L’amour de soi inconditionnel est lié à l’estime de soi. « Parfaitement imparfaite » relie tout cela à l’acceptation d’Hakadosh Barouh Hou de ta situation qui est Mouchlemet (parfaite) pour toi à ce moment-là. Même si nous avons l’impression que nous ne faisons rien, ça ne l’est pas, parce que nous n’avons pas ceci ou cela… et nous avons l’impression que rien ne va… en fait, tout va. C’est parfaitement imparfait. On laisse à Hachem Sa place, on descend la pression et c’est là qu’on peut commencer à avancer doucement.

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