Quand trop de choix tue le choix …

jam-276805_1280

Avez-vous déjà ressenti cet épuisement devant le rayon gel douche d’un grand hypermarché quand vous essayez de choisir la meilleure composition, contenance, le meilleur rapport qualité prix, et ce petit regret quand enfin vous quittez le rayon et qu’une petite voix vous souffle insidieusement qu’il y a surement certaines bouteilles qui ont encore échappé à votre regard averti ? Ou tout autre situation semblable devant le nouveau vêtement que vous souhaitez vous offrir, le menu du diner de ce soir, les options professionnelles qui s’offrent à vous ou même devant le choix d’une carrière face aux nombreuses possibilités ?

Vous êtes vous déjà fait la réflexion que vous aurez passé moins de temps et que vous aurez laissé moins d’énergie à la petite supérette où il n’y aurait eu qu’un gel douche (le dernier en plus !), dans une autre vie où vous n’aurez qu’une seule et unique compétence- et où la voie vous aurait été toute tracée ?

Lors d’une expérience menée en 2000, appelée l’« expérience des pots de confiture », deux stands ont été installés dans deux hypermarchés : l’un comportant 6 types pots de confiture, l’autre 24. Sans trop de surprise, les gens se sont plus arrêtés devant le stand à 24 pots, mais sont globalement repartis les mains vides, tandis que beaucoup plus de personnes ont finalement acheté une confiture auprès du stand à 6 pots.

Ainsi, le choix nous paralyserait plus qu’il ne nous propulserait. Avec les progrès sociologiques, technologiques et économiques, nous sommes submergés de possibilités dans tous les domaines, depuis les produits de consommation jusqu’aux quantités de connaissances et d’informations
disponibles. Cependant, plus les options sont nombreuses, moins il y a des chances que nous avancions
en fin de compte.

Ceci s’explique en partie par ce qu’on appelle le biais de statu quo : ce terme désigne la tendance à ne rien choisir et ne rien changer par peur de regretter. En d’autres termes, nous avons peur d’un inconnu potentiellement moins avantageux et préférons rester dans notre zone de confort, même si celle-ci
n’est pas toujours… si confortable.

Pour couronner le tout, le regret anticipé nus conduit à nous complaire dans cette réalité par peur de regretter ce choix plus tard.

Et en pratique ?

• Des études ont démontré qu’avec du recul, les gens ont tendance à regretter davantage ce qu’ils n’ont pas essayé que les erreurs qu’ils ont faites. Lors d’une prise de choix, dites-vous
que vous avez le droit à l’erreur, que celle-ci est rattrapable plus tard et que vous avez toute la vie pour tenter les options auxquelles vous avez renoncé pour le moment.


• Mettre par écrit les options, dans le cas de grandes décisions à prendre, peut aider à clarifier l’esprit. Prenez une feuille de papier, notez les différentes options, éliminez les plus faciles, et
comparez ensuite, toujours à l’écrit, les avantages et inconvénients de chacune d’entre elles.


• Rappelez-vous qu’il est normal de ne pas pouvoir garder toutes les options et que cela est tout à fait acceptable. Le renoncement, aussi difficile soit-il, est le signe que l’on avance. Après avoir renoncé à une possibilité, gardez en tête qu’il est tout aussi valorisant d’assumer la possibilité choisie !


• Enfin, soyez indulgent envers vous-même. Si vous avez finalement choisi un gel douche quelconque (et non le meilleur du rayon), si vous avez décidé d’un menu non concluant pour
le diner ou encore si vous avez finalement pris une robe et qu’une voix vous susurre que ce n’est pas la bonne, détendez-vous et accordez-vous la possibilité de ne pas toujours faire les
meilleurs choix. Détendez-vous et profitez d’une sérénité qui vaudra largement les meilleurs
produits !

Rachel Bensoussan

portrait-d-un-homme-faisant-ses-courses-et-achetant-des-biens-de-consommation