Les midots qui constituent l’anatomie psychique de l’homme, en réalité, la personnalité de l’homme
- 30/07/2025
Dans le précédent numéro, nous avons commencé à parler du lien, et de son développement chez l’être humain.
Les Sefarim disent que lorsque l’enfant démarre son parcours sur terre, il n’est relié à rien. Il a même plutôt perdu le lien qui le reliait au monde spirituel duquel il s’est détaché. Et le voilà parti dans un voyage unique de recherche de lien avec Hachem sur la planète Terre, puisque le Messilat Yecharim dit explicitement que l’homme a été envoyé sur terre « להתענג על השם ». C’est-à-dire, pour s’attacher à Hachem, qui est le plus grand bonheur. Comment cela se passe-t-il ?
Pour s’attacher à Hachem, il va falloir que de nombreux paramètres se succèdent les uns après les autres dans la vie de l’homme.
Et c’est ce parcours merveilleux que l’enfant commence à vivre depuis la conception, lorsque ses parents désirent amener une nechama sur terre.
Pendant la grossesse, puis à la naissance, et durant la première année de vie, notre tout petit bébé va vivre en fusion avec ses parents (la maman surtout). Il est une partie d’eux, il a été désiré, voulu, aimé, et son entrée spectaculaire dans le monde avec tous les miracles de la naissance va lui donner sa place de petit roi qu’il reçoit sans aucun effort ni aucune condition.
Cette première étape de lien que l’enfant traverse, lorsqu’il a été attendu, désiré, puis protégé comme le plus beau diamant de la terre jusqu’à 1 an, va créer chez l’homme le lien entre son corps et son nefech, c’est-à-dire le lien de l’homme avec lui-même : l’enfant s’aime, et est sûr que « בשבילי נברא העולם ».
Les fondations de tout le système du lien sont créées à ce moment-là, et c’est sur cette structure seulement que pourront se construire respectivement les étapes suivantes du lien.
À partir de 1 an, d’après le Rav Wolbe, l’enfant a suffisamment pris d’assurance et d’estime et est suffisamment relié à lui pour être capable de commencer à ouvrir les yeux et voir que d’autres personnes l’entourent également. Il commence à se relier à son entourage, et aime l’entourage. Cet entourage va lui être fidèle, va s’occuper de lui, va le combler émotionnellement et intellectuellement. Cet enfant est aimé, il a sur qui compter et à qui s’adresser lorsqu’il rencontre des difficultés. Il ne vit pas de trahison, fait confiance aux gens qui l’entourent et se sent sécurisé.
Quand il agit mal, on le dirige, on le reprend, mais on continue à l’aimer, on lui pardonne. Son comportement est loin d’être parfait, il commence à peine à découvrir ses forces intérieures et à les mettre en route, il fait des erreurs, et même fréquemment, mais son entourage comprend qu’il a encore un long chemin, l’encourage, le félicite, l’aide à voir ses forces intérieures et à combattre sa face négative.

Lorsque toutes les parties de la nechama auront pénétré en lui à l’âge de 20 ans, nous dit la Torah, et qu’il va commencer à créer un véritable lien avec Hachem, il sera persuadé qu’Hachem s’occupe de lui, pense à lui à chaque instant, se soucie de tous ses besoins, l’aime, a confiance en lui, et que s’il agit mal, il doit faire Téchouva, et Hachem lui pardonne. De même, il comprend que lorsqu’il traverse une difficulté, Hachem est là pour l’aider, se préoccupe de lui, l’accompagne, l’aime et partage sa souffrance.
Ce système du lien est une seule entité, et fonctionne de manière parallèle. Plus l’homme entretient un bon lien avec lui-même, plus son lien avec l’entourage et Hachem sera fort.
D’ailleurs, le mois le plus triste de l’année, lorsque le peuple juif s’est éloigné d’Hachem, porte le nom de « Av », qui signifie père, pour bien préciser que même lorsque l’homme s’est éloigné, ou qu’il traverse une période d’obscurité dans sa vie, Hachem est son père, et continue à se préoccuper de lui comme un père, est à son écoute, l’aime et le soutient.
Cette face du lien avec Hachem dépend donc intégralement de la construction émotionnelle que l’enfant aura reçue dans l’enfance, c’est ce qui va lui donner en réalité les plus grands outils d’émouna, émouna de la terminologie « èm », maman, ou « imoun » confiance.
Est-ce cela le lien ? Est-ce que cela est ce qui va procurer le bonheur à l’homme et l’amener à l’attachement total avec Hachem ?
Non. Ceci est seulement la 1re étape, celle où l’homme est dans un mode qui s’appelle la « kabala », c’est-à-dire qu’il reçoit de l’entourage et d’Hachem. Ce mode a été prévu par Hachem comme mode indispensable pour le nefech dans un premier temps, lorsque les kélims de réception de don et d’amour sont créés chez l’être humain. C’est le moment où l’homme crée son « ani », son moi.
Mais que se passe-t-il lorsque cette 1re étape s’est mal passée ? D’ailleurs comme chez la majorité des gens ?
L’enfant n’a pas été désiré, pas aimé, trahi, méprisé, critiqué, délaissé, isolé…
La Torah vient nous dire, à la différence d’énormément d’avis sur terre, que cela n’est pas déterminant pour son futur. La preuve : David Hamélekh seul 28 ans dans la forêt, Avraham Avinou trahi par son père et jeté dans la fournaise ardente, Moché Rabénou abandonné sur le Nil à 3 mois, Yossef orphelin, détesté et vendu par ses frères…
C’est la 2e étape, à partir de l’âge de 20 ans, qui va être déterminante dans toute la réussite de l’homme sur terre et la réalisation de sa mission. Cette étape ne dépend en rien du passé, permettra à n’importe quel homme de trouver le véritable lien avec Hachem, lui-même et l’entourage, et de trouver le bonheur.
La suite dans le prochain numéro
Nitsa Taieb

