Comment mériter la délivrance mois de Adar ?
- 27/02/2025
Les fêtes de Pourim et Pessah qui viennent célébrer les délivrances dans l’histoire du peuple juif ne sont pas seulement des fêtes de commémoration d’un vieux passé. Ce sont des fêtes qui possèdent dans leur intériorité la force de délivrer chaque juif à chaque époque jusqu’à la fin des temps, comme il est écrit, חייב אדם לראות את עצמו כאילו הוא יצא ממצרים « l’homme a l’obligation de se voir sortir d’Egypte ». Le mois d’Adar et la fête de Pourim constituent une première étape de délivrance indispensable à la délivrance de la fête de Pessah. Nous allons donc essayer de comprendre comment le mois d’Adar va réaliser en nous cette délivrance. ‘Hazal dit : « miché nikhnass adar marbim bessim’ha » lorsque le mois d’Adar débute, nous devons augmenter la joie ». En quoi la clé de la délivrance se trouve-t-elle dans ces termes, et comment une personne triste peut-elle se forcer à être heureuse si elle traverse une période difficile ? Et pourtant Hachem ne nous demande pas l’impossible, il nous donne seulement toutes les indications nécessaires pour exploiter au mieux la force que contiennent ces grands jours. L’apogée de la simha a lieu lorsque le juif, le jour de Pourim reçoit l’ordre de déconnecter son « daat », sa conscience, חייב איניש לבסומא דפוריא עד דלא ידע et il mérite alors une première délivrance le jour de Pourim qui dépasse la délivrance de Kippour.

Déconnecter le daat de quoi ? Et en quoi cela va nous amener à la sim’ha ?
Pour cela, nous devons retourner un petit peu en arrière dans l’histoire, à l’époque d’Adam harichon (le premier homme). Pour consommer le fruit de l’arbre de la connaissance, Adam harichon a dû se déconnecter de la volonté d’Hachem et se connecter à sa propre volonté, celle de consommer le fruit. (Les raisons étaient purement spirituelles, nous étudions l’histoire uniquement pour comprendre l’impact de la faute en ce qui nous concerne à nous au niveau de la réparation). L’élément à l’intérieur de l’homme qui nous permet de nous connecter ou nous déconnecter s’appelle le « daat » et se trouve au niveau du tronc cérébral. Cette déconnection de la volonté d’Hachem et connexion à sa volonté a fait plonger Adam harichon et tous ses descendants dans un parcours de réparation long de 6000 ans. À ce moment-là, la force du daat s’est connectée à la volonté de l’homme, et de là s’est ensuivi une avalanche de malédictions qui n’étaient qu’une conséquence de la faute. Entre autre, la souffrance, la tristesse, les difficultés de couple, de parnassa, d’éducation… enfin, toutes les difficultés du Olam azei. Les concepts de souffrance et de tristesse sont donc nés au moment où la force du daat s’est déconnectée de la volonté d’Hachem.
C’est ici que se trouve la clé de la réparation et du bonheur de l’homme sur terre, car chaque homme peut et doit retourner au gan éden, au niveau d’Adam harichon avant la faute, comme il est écrit : עולמך תראה בחייך, « tu verras ton monde de ton vivant » et c’est ainsi que chaque juif répare la faute d’Adam harichon , se délivre et rapproche la délivrance du peuple juif, במהרה בימינו .
Comment Hachem a-t-il prévu la réparation ? Et de quoi s’agit-il ? Dans le parcours de chaque juif sur terre, Hachem va créer à travers toutes sortes d’événements et de paramètres par sa sagesse infinie et insondable une volonté centrale à l’intérieur de lui. Et ensuite, il va priver l’homme de la réalisation de cette volonté. Cette volonté va être celle qui comme à l’époque d’Adam harichon va constituer le facteur de détachement de son « daat » de la volonté d’Hachem, car l’homme est préoccupé par sa propre volonté, et ne pense plus à la volonté d’Hachem. Cette volonté peut être déguisée par des déguisements parfois très clairs, et parfois beaucoup moins clairs (lorsqu’il s’agit par exemple d’une volonté spirituelle) mais toujours est-il que c’est elle qui va plonger l’homme dans une vie de souffrance et de tristesse car dès l’instant où l’homme est déconnecté de la volonté d’Hachem il tombe automatiquement dans le Olam azei et commence à souffrir. Et donc nous comprenons qu’une personne malheureuse, est une personne qui a déconnecté son daat de la volonté d’Hachem et l’a connectée à sa volonté ! et c’est ainsi qu’Hachem nous dévoile la raison de toutes les malédictions dans la Torah en quelques mots : תחת אשר לא עבדת את השם בשמחה . Tu t’es déconnecté de ma volonté, tu t’es connecté à ta volonté, conséquence : la souffrance et la tristesse. Lorsque tu es joyeux, c’est lorsque ton daat est connecté à la volonté d’Hachem. Si tu es triste, c’est parce que tu t’es déconnecté. Et donc tu es tombé comme Adam harichon dans le Olam azei, avec toutes les douleurs et les difficultés que ce monde comprend, et tu n’es pas retourné au gan éden.
Chaque année, Hachem veut nous délivrer : ce processus commence en Adar. Comment recevoir cette délivrance ? Hachem nous dit : sois joyeux. Comment être joyeux, rien ne va plus dans ma vie ? Effectivement, tu as connecté ton daat a ta volonté, et donc tu es constamment frustré, triste, en colère, nerveux, agacé, jaloux, déprimé, tu souffres : reconnecte-toi à la volonté d’hachem, pense à ce qu’Hachem attend de toi et ce qu’Il veut de toi, pense un peu moins à ce que toi tu veux, et ainsi, ton daat sera connecté à la volonté d’hachem et tu seras délivré ; hachem veut qu’on le serve avec les paramètres précis qu’il nous a donnés, nos + et nos -, car telle est notre mission. Tu sortiras de l’obscurité de ce monde, et retourneras à la lumière du gan éden. Tu seras donc nécessairement joyeux.
Telle est la 1re clé de la délivrance, qui commence en Adar. En ce mois, nous devons mettre de côté toutes nos volontés qui nous rendent tristes et amers, et nous concentrer sur la chance que nous avons d’être en vie et de pouvoir Le servir, et faire Sa volonté. Notre daat se reconnecte à hachem, nous réaliserons alors la réparation de notre nechama , et mériterons les délivrances du mois de Adar et de Nissan, le retour au gan éden avec la fin de toutes nos épreuves , la joie et la délivrance du peuple juif.
Nitsa Taieb
Du centre Thorapie
Spécialiste du nefesh d’après la thorah

