AU PLUS PROFOND DE MON ETRE

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Lorsqu’ Hakadoch Barouh Hou s’est dévoilé au Peuple Juif au Har Sinaï, le texte nous révèle un fait singulier et extraordinaire.

« וכל העם רואים את הקולות »

« Et tout le Peuple a vu les Voix »

Les Hazal nous enseignent qu’à ce moment, les Bné Israël ont vu ce qui était audible et ont entendu ce qui était visible. Une inversion des sens…

Mais quel est le sens caché de cette particularité du Don de la Torah? 

Le Maharal de Prague enseigne qu’ici se cache la singularité de Matan Torah.

Notre marque de fabrique

L’oeil, parmi les 5 sens que sont l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût et la vue, est l’organe qui a l’accès le plus direct, entier et aiguisé avec la matière qui nous entoure. L’oeil perçoit de loin et est en contact fort avec le monde physique. L’ouïe, par contre, est un sens plus lointain (de très près les choses s’inversent). Voir ce qu’il se passe devant nous est bien plus percutant que d’entendre le même événement. Les Bné Israël ont ainsi « vu les Voix », la révélation d’Hachem. La spiritualité perçue l’a été de façon directe, entiere, percutante. Par contre, ce que l’être humain voit habituellement c’est à dire le monde physique, la matière, a été seulement entendue par eux. La matérialité a été reléguée à un niveau plus lointain. Cette hiérarchie entre spiritualité et matérialité a été vécue par tout un peuple. Le Peuple juif lit le monde avec un tout autre prisme. Un filtre de vérité où la spiritualité est vue et la matière entendue lointainement. C’est notre marque de fabrique pour l’éternité.

Au plus profond de mon être, la Torah

L’inversion des sens fait également référence à l’état embryonnaire. Les cellules souches vont par un processus merveilleux se multiplier et se différencier en organes différents pour ainsi former un être humain complet. L’être humain à son tout début est pour ainsi dire condensé, réuni, et va se déplier et se compartimenter en différents éléments différenciés (membres, organes, système nerveux, etc). A l’état embryonnaire,  nos sens sont réunis, mélangés. Nous avons reçu la Torah dans l’état où voir les voix et entendre le visible est possible: l’état embryonnaire, au plus profond de ce qui nous constitue. 

Rav Akiva Tats nous rappelle qu’un ange enseigne au fœtus tous les mystères de la Création et tout ce dont il aura besoin de connaître pour atteindre sa perfection. C’est pourquoi, lorsque nous entendons quelque chose de beau et de vrai, nous la reconnaissons, elle fait écho à ce que nous avons d’inscrit au plus profond de nous. 

Accepter la Torah de nouveau c’est ainsi revenir à soi, à ce qui a été imprimé en chacun de nous de façon originelle.

Texte inspiré de Rav Moché Kaufmann, Rav Rafael Sadin et Rav Akiva Tats 

Sarah Lahmi

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