Ses mains

ESHET HAYIL : Ses mains 12/09/2025  « Ses mains, elle tend vers le rouet et ses paumes manient le fuseau. » (Michlé- Proverbes: 31, 19) Ce verset correspond au dixième vers du célèbre texte de Eshet ‘Hayil, cette ode à la merveilleuse femme juive écrite par le roi Shlomo chantée tous les vendredis soirs par l’époux. Nous l’avons déjà expliqué : le poème du Eshet Hayil ne se veut pas seulement grandiloquent et flatteur à l’égard de l’épouse juive mais vient également lui offrir des outils pour son épanouissement personnel. La clé que nous découvrirons ici est l’intelligence féminine. Pourtant, ce dixième verset semble très énigmatique : il décrit cette Eshet hayil comme excellant dans la technique du filage. Comprenons ce qui se cache à travers les lignes. Le Talmud affirme “La femme n’a de sagesse que dans le fuseau”. (Yoma) Pas très valorisant, me direz-vous ! Ainsi, la sagesse féminine se résume à l’”intelligence de filer”, ne sommes-nous bonnes qu’à manier un métier à tisser ou à concocter de bons dîners ? Et pourtant, ce verset est bien plus puissant et emblématique de la femme que ce que laissent transparaitre les mots. Le fuseau et le rouet sont les outils utilisés pour le filage.  Le filage définit la production de fils textiles à partir de divers matériaux bruts (Wikipédia), en l’occurence ici d’après le Ralbag, le filage de lin et de laine.  L’intelligence féminine définit d’abord la force de concrétisation : transformer le potentiel en réel, donner vie à des idées, à l’image de la laine brute transformée en bobines de fil. “Derrière un grand homme se cache une grande femme” car l’homme vit dans le monde du conceptuel, des idéaux mais il ne peut rendre possibles ses rêves sans l’aide et l’intelligence d’une épouse.  D’ailleurs, la femme est symbolisée par la lettre Hé, qui est un marqueur temporel du présent, de l’action, et l’homme le Youd, marqueur du futur, du projet. Il ne s’agit cependant pas de capacités intellectuelles, mais bien intuitives, d’une capacité de déduction exacerbée, ce que Joy Galam appelle “le tissage des neurones” : ou dans les textes bibliques la Bina, c’est-à-pour reprendre Steve Jobs : “mettre les choses en connexion”; Il définissait d’ailleurs ainsi la créativité.  Filer du lin et de la laine, c’est aussi exclure pour mieux inclure. Le Zohar représente la femme à travers le cercle.  Le cercle, explique le Rav Yaacovson, est une surface qui inclut et qui exclut. On parle d’ailleurs de cercle familial. L’intuition féminine c’est aussi ce flair pour détecter les personnes que je veux intégrer dans mon cercle, et celles que je ne souhaite pas inclure, comme les personnes médisantes, les personnes toxiques, les mauvaises influences.  Notre intelligence du fuseau, c’est donc la concrétisation, l’intuition, la créativité, le flair qui inclut et exclut et… l’affection, comme nous le verrons au prochain épisode.   Esther Clara Moyal   

ESHET HAYIL LA CONFIANCE DU CŒUR 

ESHET HAYIL LA CONFIANCE DU CŒUR 30/07/2025   בטח בה לב בעלה ושלל לא יחסר « En elle, le cœur de son époux a toute confiance et elle ne manquera pas de trésor ». (Mishlé- Proverbes)Le texte de Eshet Hayil, chanté par les époux a leur bien-aimée chaque vendredi soir, est aussi merveilleux que méconnu. Composé par le roi Salomon (Shlomo), il regorge de trésors et constitue une source inépuisable d’enseignements, mais surtout d’outils précieux pour le développement personnel. Dans le second verset, la  » femme vertueuse « est décrite à travers la confiance totale que lui porte son époux dune part et d’un trésor qui ne viendra pas à lui manquer d’autre part. Quelle est donc cette confiance inébranlable et de quel trésor parle-t-on? De plus, on peut ne pas manquer de temps ou d’argent mais quel est le sens d’un trésor dont on ne manque pas? Chaque épreuve, aussi dure soit-elle, est une opportunité de grandir et de s’élever spirituellement. La Rabbanit Joy Galam explique tout d’abord quil s’agit d’une confiance de haut niveau, décrite par le Hovot Halevavot (Shaar Habitahone) comme une relation de confiance infaillible : défendre les intérêts de l’autre à tout prix, le conseiller avec sagesse mais aussi tact, bref être un roc pour autrui. Cependant, le texte du Eshet Hayil nous met en garde face à une confiance aveugle. La femme juive, qu’elle soit célibataire, épouse ou mère, est constamment en état d’alerte, « guettant les pas de sa maison » (Eshet Hayil). Elle n’est ni intrusive ni naïve, mais fait preuve de bienveillance sur toile de fond de vigilance. C’est aussi pour cela qu’elle choisit ses combats. Ainsi, face à l’ado revenu hier à 3h du matin, elle ne sinsurge pas quant à l’irresponsabilité d’un tel comportement mais lui exprime avec amour l’inquiétude qu’elle a ressentie la veille ne le voyant pas rentrer… Quel est donc ce trésor dont elle ne viendra pas à manquer? La réponse est simple: Une relation de confiance aussi inébranlable que celle que l’on a décrite ne représente-t-elle pas un trésor matériel et émotionnel inégalable ?  Esther Clara Mouyal

Eshet ‘Hayil : « Tu es La perle rare »

Eshet ‘Hayil : « Tu es La perle rare » 23/06/2025   ״ אֵשֶׁת חַיִל מִי יִמְצָא וְרָחֹק מִפְּנִינִים מִכְרָהּ.״ (משלי : לא-י) “Qui trouvera une femme vertueuse? Sa valeur est infiniment plus précieuse que les perles.” (Michlé- Proverbes)   Le texte de Eshet ‘Hayil (littéralement : la femme vertueuse), chanté par l’époux à sa bien-aimée chaque vendredi soir, est aussi merveilleux que méconnu. Composé par le roi Salomon (Shlomo), il regorge de trésors et constitue une source inépuisable d’enseignements, mais surtout d’outils précieux pour le développement personnel au féminin. Dès le premier verset, la femme juive y est décrite comme porteuse d’une valeur infiniment plus précieuse que les perles marines – les Peninim. Quels secrets se cachent derrière cette allégorie ? Le poème du Eshet ‘Hayil serait-il par ailleurs une idylle, et la femme qu’il dépeint, une utopie? Le Malbim (Rabbi Meïr Leibush) affirme qu’on ne trouve pas une femme vaillante à tous les coins de rue, comme on ferait une belle affaire! Étrangement, le nacre est une substance calcaire produite par le mollusque en réaction à l’irritation causée par un corps étranger, tel qu’un grain de sable. La Rabbanit Joy Galam explique que ce processus, lent et inconscient pour l’huître, est une métaphore puissante de la femme juive. En effet, tout comme la perle se forme au fil du temps, la femme juive découvre et redécouvre ses qualités insoupçonnées lorsqu’elle fait face aux défis du quotidien. Chaque jour, les épreuves et responsabilités de son foyer l’amènent à révéler de nouvelles facettes de son si grand potentiel, façonnant ainsi sa meilleure version d’elle-même. Aussi, à l’image d’une perle nacrée dissimulée dans son coquillage, elle rayonne par l’éclat de son intériorité. Le Rav Y. Yaacovson établit d’ailleurs un lien entre les champs lexicaux de Peninim (perles) et Penimiout (intériorité). Ainsi, rien n’est plus admirable, rien n’est plus précieux, rien n’est plus cher que cette Eshet Hayil, toujours en quête du meilleur d’elle-même.  “Et rien que pour cette inlassable volonté d’ évoluer vers la meilleure version de toi même, tu mérites la médaille d’or de la Eshet Hayil.”     Esther Clara Mouyal