Il y a toutes sortes de larmes et de pleurs

Il y a toutes sortes de larmes et de pleurs 23/10/2025 Il y a toutes sortes de larmes et de pleurs. Des larmes de joie, de déception, d’amertume, de colère, d’espoir, de volonté très forte… Une des particularités de Rahel Imenou est dans ses pleurs altruistes : nous la sollicitons encore aujourd’hui! Dans la Torah il est écrit que Léa aussi a beaucoup pleuré, au point de perdre ses cils. Quelle était la raison de ses pleurs ? Léa était destinée à Essav. Rivka et Lavan avaient déjà conclu entre eux cette alliance et dans le Ciel aussi, elle était son zivoug ; elle lui était destinée. Mais Léa n’était pas d’accord pour céder. Elle a pleuré et versé des larmes pendant des années, sans répit et sans arrêt. Les larmes d’espoir et de tefila sont reçues avec joie par Hachem. Ce ne sont pas des larmes de force ou de colère et de rage. Ce sont des larmes qui viennent des tréfonds de l’âme, qui expriment une volonté profonde d’appartenir et d’enfanter les forces de pureté dans ce monde. Et ainsi, Léa a reçu tout ce qu’elle voulait, et bien plus encore. L’enfant ainé est à elle, les cohanim, les léviim, Moché et Aharon, la royauté, le roi David, le Machia’h, la Torah (Yissa’har) et l’argent (Zevouloun) ! Elle a tout reçu !!! Chaque larme qu’elle a versée a été récompensée. Elle s’est mariée avec Yaacov en premier, elle a eu les enfants la première. C’est elle qui a enfanté la moitié des tribus, alors que cela devait être partagé équitablement entre quatre femmes. Elle a vécu plus longtemps que Rahel. Et tout cela, grâce à quoi ? Grâce à ses tefilot et ses larmes ! Grace au fait qu’elle n’a pas accepté  un destin dont elle ne voulait pas. Elle a eu une réaction active, elle savait qui pouvait faire bouger les choses. Les larmes de Rahel, elles, sont des larmes de peine, de douleur. Et Hachem lui dit : cesse de pleurer Rahel. A Léa il ne dit pas cela. Il la laisse pleurer. Il veut qu’elle continue. Pourquoi ? Parce que plus tu pleures, plus tu demandes, plus tu recevras. Ne te limite surtout pas ! Les larmes que nous versons pour fonder une belle famille, un couple construit et des enfants dans le droit chemin sont des larmes qui créent et construisent. Aucune larme n’est vaine. Chaque larme est une création. Aucune menace planait sur la tête de Rahel. Elle était destinée, depuis toute petite, à Yaacov. A mettre au monde le Klal Israël. Elle était voulue par Yaacov, qui a accepté de travailler pour elle pendant 14 ans. Elle était la femme bien-aimée : c’est chez elle que Yaacov habitait. Et ce qui est extraordinaire, c’est que bien qu’elle ait cédé son mari à sa sœur, son mazal est à elle ! Personne ne pouvait le lui prendre ! Entre le mariage de Léa et le sien s’est écoulé une semaine, c’est tout ! Ce qui est à elle est à elle. Elle a passé une nuit à se dire qu’elle avait perdu toute chance d’être mariée avec Yaacov. Le lendemain matin, elle apprend que son mariage est dans une semaine et que Yaacov travaillera sept ans de plus pour elle. Mais Rahel ne savait pas pleurer.  D’ailleurs pourquoi pleurer ? Elle a tout ce qu’elle veut ! Un mari qui la chérit et qui l’aime. Elle n’a aucune raison de pleurer. Mais Rahel devient stérile. Petit à petit, elle voit que le temps passe, et que malheureusement, elle n’aura pas d’enfants… Léa en enfante 6, les servantes aussi ont des enfants, et elle ?  Elle vient voir Yaacov et exige : Prie pour moi ! Fais quelque chose ! Mais Yaacov lui répond : Mais Rahel, moi j’ai des enfants… C’est qu’à toi qu’Il n’en a pas donné… Prie et demande, c’est ta responsabilité ! Et c’est là que Rahel apprit à pleurer. C’est à ce moment qu’elle acquit la mida de savoir verser des larmes. Elle avait toujours été un enfant de réussite, de bienveillance, de sourires, de vitour ; pas un enfant qui pleure ! Dès l’instant où elle apprit à pleurer, ses larmes se mêlèrent à sa bonté innée — et elle les offrit au peuple juif. Pleurer pour l’autre, c’est atteindre le sommet de l’élévation. Par ses pleurs, elle ébranle les cieux, provoquant un tumulte dans les hauteurs, jusqu’à ce qu’Hachem lui dise : “Ne pleure plus. Sèche tes larmes. La récompense est tienne — et tes enfants reviendront au pays de Sion.”   Mais Rahel est inconsolable. Elle ne veut pas se taire tant que ses enfants ne sont pas revenus. Elle allie la force du vitour avec la force des larmes et elle les utilise pour ses enfants, sans intérêt, par pure bonté. Nous pouvons illustrer cela par ce machal : Un père punit un enfant dans sa chambre. L’enfant pleure très fort. Et là, la grande sœur décide d’intervenir. Elle va vers son papa et lui dit : papa, aïe pitié de lui ! Il n’a pas fait exprès, il ne s’est pas rendu compte, il regrette de tout cœur etc… Et là le père a pitié de l’enfant et lui enlève sa punition. Que s’est-il passé ? Pourquoi l’intervention de la sœur a inversé les choses ? Parce qu’elle a apporté les larmes de son petit frère au père et a réveillé sa miséricorde. Et c’est ce que Rahel Iménou fait avec nos larmes. Elle prend nos larmes et les présente devant Hachem en réveillant sa miséricorde.  Et Hachem la console et lui demande de ne plus pleurer, il va l’exaucer… Allons sur le chemin de nos mamans, qui savaient ne pas céder et tout mettre en oeuvre pour leurs familles et pour contribuer à la construction du peuple juif.   Hanna Monsonego

La traversée du Jourdain

La traversée du Jourdain 27/03/2025 Le 7 Nissan 2488, Yéochoua annonce au peuple l’entrée en Terre Promise. Les enfants d’Israël doivent se préparer au niveau spirituel, faire techouva, s’éloigner de la faute, se purifier, et au niveau matériel, préparer des provisions pour le voyage ainsi que des armes. Yéochoua envoie deux espions, Pin’has et Kalev, qui entrent à Yéri’ho clandestinement et se cachent chez Ra’hav. La nuit du 9 Nissan, ils reviennent vers le camp d’Israël.  Le 9 Nissan, le peuple se met en route pour son quarante deuxième et dernier voyage. Un grand changement est alors à remarquer : ce ne sont plus les nuées de gloire qui guident le peuple, mais le Aron Brit Hachem, l‘Arche Sainte. Ils se dirigent vers le fleuve du Jourdain, à l’est d’Erets Israël. Le Jourdain, à cette époque de l’année, est plein d’eau, fait de la fonte des neiges. Les eaux du fleuve étaient agitées et tumultueuses et on entendait un bruit de fracas et de tonnerre.  Le soleil se couche lentement et les Bnei Israël stationnent devant le Jourdain pour la nuit. « Ils avaient enfin atteint leur but après quarante ans d’errance » Le 10 Nissan, Une annonce est proclamée : « Cohanim ! Venez porter l’Arche ! ». Les Cohanim approchèrent et se tinrent autour de l’Arche. Quelques minutes plus tard, Yéochoua s’adressa au peuple et leur demanda de choisir un homme fidèle pour chaque tribu. Ils étaient sensés être les premiers témoins du/au miracle. Yéochoua donna alors le signal et les Cohanim soulevèrent l’Arche. Ils avancèrent vers le fleuve. A peine ils posèrent leurs pieds dans les eaux que celles-ci se fendirent. On entendit alors un bruit assourdissant. Les eaux qui s’écoulaient en amont finirent par former une muraille qui s’éleva jusqu’au ciel. Après que tout le peuple eut traversé, les enfants d’Israël érigèrent un monument en souvenir du grand miracle auquel ils avaient assisté. Lorsqu’ils eurent achevé leur traversée, le fleuve reprit son cours paisiblement et progressivement. Ils étaient maintenant sur la Terre d’Israël. Ils avaient enfin atteint leur but après quarante ans d’errance. Ils avaient vécu ces années dans une ambiance d’élévation et de miracles. A présent, ils avaient bénéficié d’un nouveau miracle destiné à renforcer leur émouna, avant la conquête de Canaan, ou ils allaient devoir travailler la terre et se confronter aux lois de la « nature ».   Hanna Monsonego

HISTOIRE JUIVE -POURIM

L’histoire de pourim 20/02/2025 Abordons ensemble l’histoire de Pourim. Nous la connaissons tous : Esther, Mordekhaï,A’hachvéroch… Mais reprenons-la dans son contexte historique. Tout commence avec Adam Harichone, suivi dix générations plus tard par Noa’h, puis, après encore dix générations, par Avraham. Viennent ensuite Yits’hak et Yaacov, les douze tribus, la descente en Égypte et l’esclavage, Moché Rabbénou, la sortie d’Égypte et le don de la Torah, les quarante ans dans le désert, l’entrée en Erets Israël sous la conduite de Yéhochoua, les quatorze années de conquête et le partage des territoires entre les tribus. Suivent la période des Juges, les règnes des rois Chaoul, David et Chlomo, puis la construction du premier Temple. Mais au fil du temps, le peuple juif s’égare spirituellement et moralement, notamment par l’idolâtrie, ce qui conduit à la destruction du Temple et à l’exil à Bavel. Contrairement à notre exil actuel, qui semble sans fin, celui-ci était fixé à soixante-dix ans. Toutefois, une incertitude subsistait : à partir de quel moment fallait-il commencer le décompte ? Depuis la destruction du Temple ? Ou depuis les épreuves qui l’avaient précédée ? Arrivé à Bavel, le peuple juif s’y installe. À cette époque, le roi est Nevoukhadnetsar, suivi par son fils Evil Mérodakh, puis par son petit-fils Belchatsar. Cinquante-deux ans après le début de l’exil, l’Empire perse conquiert Bavel et prend le contrôle de la région. Parmi les survivants de la dynastie précédente, la petite-fille du dernier roi, Vachti, est épargné. Nous la retrouverons plus tard… Sous le règne de Daryavèch le Mède et de Kôresh le Perse, un événement extraordinaire se produit : Kôresh proclame que tout Juif désireux de retourner en Terre Sainte est libre de le faire ! Portés par cet élan, 42 360 Juifs, sous la direction de Zeroubavel, petit-fils du dernier roi de Yéhouda, prennent la route. Leur objectif : reconstruire le Beit Hamikdach. Mais la tâche s’annonce ardue, d’autant qu’un ennemi acharné, Haman, envoie l’un de ses nombreux fils (il en avait 210 !) pour entraver les travaux à Jérusalem… Beaucoup de Juifs, pourtant, préfèrent rester en exil. Ils se sont habitués à la prospérité et au confort de la vie en Perse. Quitter un environnement stable pour affronter les incertitudes d’un pays en ruines leur semble insurmontable. Ainsi, une large partie de la communauté juive demeure en Perse, qui regroupe alors 127 provinces, chacune peuplée de cultures et de langues différentes. Les rois perses autorisent chaque peuple à organiser sa vie selon ses traditions, politique qui se poursuit sous leurs successeurs. Quelques années après la mort de Kôresh, A’hachvéroch monte sur le trône. Il organise d’abord un somptueux banquet de cent quatre-vingts jours pour ses ministres et serviteurs, puis un second festin de sept jours pour les habitants de Shoushan. L’objectif caché de ce festin ? Inciter les Juifs à enfreindre leurs lois, notamment en matière de consommation de vin, afin de les éloigner de D.ieu et d’affaiblir leur protection divine. Mordekhaï les avertit du danger, mais il n’est pas écouté… C’est lors de ce festin que Vachti est exécutée, ouvrant ainsi, quelques années plus tard, la voie à Esther, qui deviendra reine et sauvera son peuple. À l’issue de cette histoire, les dix-huit dernières années de l’exil de Bavel s’achèvent, et de nombreux Juifs quittent la Perse pour Erets Israël. Cette fois-ci, la construction du second Beit Hamikdach ne prend que quelques mois ! De plus, le troisième roi de Perse, Daryavèch II, fils d’A’hachvéroch et d’Esther, leur fournit du matériel pour mener à bien leur œuvre. La Méguilat Esther, rédigée sous l’inspiration du Roua’h Hakodech, nous dévoile une vérité fondamentale : Les événements de l’Histoire ne sont pas le fruit du hasard. Contrairement aux récits bibliques habituels, où la faute du peuple entraîne immédiatement une punition divine, ici, les liens de cause à effet restent dissimulés. Nos Sages en révèlent cependant la trame : la participation des Juifs au festin entraîne un décret céleste scellant leur anéantissement. Dans ce cadre, deux faits majeurs surviennent : Haman est nommé Premier Ministre, et le trône de la reine devient vacant. Haman exige alors que chacun se prosterne devant lui, mais Mordekhaï refuse. Fou de rage, Haman décide de mettre en œuvre son plan funeste, sans savoir que le décret d’anéantissement avait déjà été entériné dans le Ciel. À partir de ce moment, Hachem dissimule les raisons spirituelles derrière des enchaînements naturels, rendant son intervention moins évidente. C’est là l’enseignement fondamental de la Méguila : comprendre que derrière chaque événement se cache une dimension spirituelle essentielle, au-delà des apparences purement naturelles. Hanna Monsonego Image par Little Boulder de Pixabay Retour